Pass Patrimoine pages

Aliénor d'Aquitaine : une vie de roman

Aliénor d’Aquitaine est l’incarnation même de la figure féminine admirée du Moyen-Âge : beauté, passion, force, courage et ambition. Sa vie mouvementée, digne du meilleur roman de chevalerie, balaie les clichés sur la femme soumise que l’on imagine à cette époque.

Un mariage… et un divorce !

Héritière à 15 ans, en 1137, du duché d’Aquitaine, l’un des plus riches et des plus importants du XIIème siècle, la jeune Aliénor attire toutes les convoitises. Le roi de France Louis VI le Gros comprend toute l’importance stratégique du mariage de la jeune fille. Il s’empresse de la faire convoler avec son propre fils et héritier. Cette même année 1137, Aliénor épouse donc Louis le Jeune et monte sur le trône avec lui quelques semaines plus tard suite au décès de son beau-père. La voici reine de France !

Protectrice des arts avisée, célébrée par les troubadours pour sa grande beauté, Aliénor entretient une cour de lettrés et fascine ses contemporains… excepté le roi.

Si elle donne tout de même deux filles à son mari, la mésentente du couple est de notoriété publique. Jeune et pleine de feu, la reine décide de suivre son mari en croisade en 1147, un périple long et dangereux. Durant cette épopée qui la mène à Constantinople puis en Syrie, elle mûrit une grande décision… À son retour, elle annonce qu’elle souhaite divorcer de Louis VII !

Cette annonce surprend tout le monde, mais le roi accepte et l’on invoque le prétexte de consanguinité en 1152 pour la dissolution du mariage.

Règne puis captivité en Angleterre

Débordant d’ambition, Aliénor ne reste pas seule longtemps : deux mois après son divorce, elle épouse Henri, duc de Normandie et héritier du royaume d’Angleterre. Constamment sur les routes pour visiter ses terres et celles de son nouvel époux, Aliénor voyage souvent enceinte : elle donne huit enfants à Henri, dont cinq fils !

Sa force physique est son plus grand atout en ce siècle épique rempli de péripéties dynastiques et politiques, où le vent tourne rapidement… Remontée contre son mari qui a fini par la tromper ouvertement, Aliénor prend le parti de ses fils Henri le jeune et Richard Cœur de Lion lorsqu’ils décident de se rebeller contre leur père. Un choix qu’elle paie très cher : capturée, elle est enfermée et déplacée de forteresse en forteresse au fil des années. Ce n’est qu’à la mort de son époux Henri II qu’elle est libérée en 1189 après quinze ans de captivité !

 

Éternelles conspirations

À près de soixante-dix ans, Aliénor doit encore arbitrer les querelles entre son fils chéri devenu roi, Richard, et le petit dernier parfois en mal de légitimité, Jean. Richard parti en croisade, c’est elle qui tempère Jean, qui fortifie le royaume et prend les décisions importantes. Malheureusement, Richard ne revient pas. Et pour cause : il a été fait prisonnier de l’empereur d’Allemagne. Ni une ni deux, Aliénor entreprend en 1194 un long voyage pour obtenir elle-même la libération de son fils, qu’elle ramène en Angleterre et réconcilie avec son frère. L’opération est un vrai succès !

Les pires épreuves attendent pourtant Aliénor. En 1199, son fils adoré Richard décède à quarante ans sans laisser d’héritier, blessé par un tir d’arbalète. Quelques mois plus tard c’est sa fille Jeanne qui meurt à son tour.

De l’Espagne à Fontevraud

Aliénor souhaite assurer la paix entre l’Angleterre de son fils Jean sans Terre et la France de Philippe Auguste, sans cesse en guerre depuis des années. Elle entreprend alors le dernier grand voyage de son existence et non des moindres : elle part pour l’Espagne en 1200, âgé de 75 ans, pour aller chercher sa petite-fille Blanche de Castille destinée à épouser le fils du roi de France !

Sa mission accomplie, Aliénor se retire dans la magnifique Abbaye de Fontevraud et décède quatre ans plus tard. Les visiteurs peuvent encore revivre dans ce lieu de légendes l’épopée de la fougueuse Aliénor en admirant son tombeau !

Pour en savoir plus sur la vie exceptionnelle d’Aliénor d’Aquitaine cliquez ici

 

Partager :
Tags:

Commentaires

    Patrivia