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Pourquoi les plages du Débarquement ont-elles été baptisées ainsi ?

Omaha, Sword, Juno, Utah ou encore Gold, ces noms résonnent chaque année en commémoration du 6 juin 1944. De l’embouchure de l’Orne au Cotentin, les cinq plages du débarquement sont les témoins du plus grand coup de théâtre de la Seconde Guerre mondiale. Pour coordonner cette immense opération, il fallait bien donner des noms de code aux plages, mais comment ont-ils été choisis ?

Une opération top-secret

L'état-major allié avant le débarquement, avec au milieu le général Eisenhower

Cette opération, préparée dans le plus grand secret en Angleterre par les états-majors anglais et américains, reçoit le nom de code d’Opération Neptune. Depuis plusieurs mois, le général américain Eisenhower et son homologue britannique Montgomery travaillent à la dissimulation du débarquement en Normandie. N’hésitant pas à faire fuiter au sein des réseaux d’espions allemands des informations toutes plus fausses les unes que les autres, ils font courir la rumeur d’un débarquement dans le Nord de la France, et même en Norvège.

Dans cette vaste entreprise d’intox, les noms de codes ont une importance capitale: anodins, inédits, incohérents, leur seule vocation est de ne pas éveiller les soupçons de l’ennemi. 

Des noms plus ou moins originaux

Carte des plages du débarquement

Au matin du 6 juin 1944, après plusieurs reports en raison d’une météo agitée, ce sont 5000 bateaux de transport, 130 navires de guerre, près de 12 000 avions et 156 000 soldats qui sont prêts à débarquer sur la côte normande. Les cinq plages correspondent à des secteurs bien définis et chaque corps d’armée sait où il doit débarquer. 

Les zones les plus à l’ouest seront investies par les armées américaines. Lors de la préparation des troupes, le général américain Omar Bradley a demandé à deux sous-officiers présents leur ville et leur État d’origine. C’est ainsi qu’une plage est nommée Utah Beach et l’autre Omaha Beach. Cette dernière, surnommée Bloody Omaha, ou Omaha la Sanglante, est tristement célèbre à cause des très lourdes pertes subies par les américains le 6 juin. 

 

Arrivée du matériel après le Débarquement sur Omaha Beach

Il faut savoir que la semaine précédent le 6 juin, l’état-major a failli annuler l’opération en croyant qu’elle avait été éventée. En effet, les mots croisés du Daily Mail, un quotidien britannique, contenaient les mots OMAHA et UTAH. Après avoir dépêché la moitié des espions du royaume, les généraux ont statué sur une coïncidence. L’histoire a prouvé que les Allemands ne se doutaient pas de ce qui se tramait… 

Un peu plus à l’est, ce sont les contingents britanniques qui fondent sur Arromanches et Ouistreham. Le général anglais Montgomery décide de donner des noms de poissons à ses plages : goldfish (poisson rouge) et swordfish (espadon). Dans le feu des préparatifs on les raccourcira en Gold Beach et Sword Beach. Un commando de Forces françaises libres, mené par le capitaine de corvette Kieffer, participe à la bataille sur Sword Beach 

Le mystère Juno

Juno Beach

La dernière plage est située entre Gold Beach et Sword Beach et est le terrain de bataille des armées canadiennes. Pour compléter la série des poissons, elle aurait dû être baptisée Jellyfish (méduse), et aurait par conséquent eu pour diminutif Jelly, le nom de la fameuse gelée translucide anglaise.

Le général Montgomery émet quelques réticences quant à ce nom un peu farfelu.  Un lieutenant-colonel canadien du nom de Dawney propose alors Juno, le prénom de son épouse, une sorte de porte-bonheur puisque l’opération n’a pas rencontré trop de résistance.

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