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17/03/2019

Les Mac Mahon en France : la réussite d'un clan irlandais

Originaires d’Irlande, les Mac Mahon quittent leur pays natal au XVIIème siècle, époque où le monarque légitime, un roi Stuart, est contraint à l’exil. Après un bref retour sur leurs terres, ils s’installent définitivement en France au XVIIIème siècle, en même temps que la famille royale : les partisans du dernier prétendant, Bonnie Prince Charlie, sont écrasés à la sanglante bataille de Culloden en 1746. Débarqués sur le continent, les Mac Mahon se retrouvent démunis et sans ressources…

 

Jean-Baptiste : l’ascension

Jean-Baptiste Mac Mahon naît à Limerick en Irlande, suit des études de médecine et est reçu docteur de l’université de Reims le 4 août 1740. Il s’établit à Autun en 1741.

Doué et charismatique, Jean-Baptiste se lie avec la meilleure société. Grâce à ses talents et à sa débrouillardise, il entame une ascension fulgurante.

Il se rapproche notamment de la famille de Morey, récemment anoblie mais richissime. Claude et Jean-Baptiste de Morey vivent au château de Sully, en Saône-et-Loire. Lorsque Jean-Baptiste Morey tombe gravement malade, le médecin irlandais est appelé en urgence à son chevet.

 

Mac Mahon ne parvient pas à soigner le pauvre homme, trop âgé, qui décède malgré ses soins constants. Le dévouement dont a fait preuve Jean-Baptiste a attendri sa jeune veuve, Charlotte Le Belin. Tellement qu’elle l’épouse ! Les frères Morey n’ont aucune descendance. Claude s’attache aux Mac Mahon, les considérant comme ses propres enfants. Il fait d’importantes donations au ménage au cours de années suivantes, jusqu’à leur léguer tout ce qu’il possède à la fin de sa vie ! 

Jean-Baptiste et Charlotte Mac Mahon se retrouvent, entre autres, propriétaires du merveilleux château de Sully, considéré aujourd’hui comme l’un des plus beaux châteaux Renaissance de Bourgogne du Sud. Une possession qui assoit la position de Jean-Baptiste Mac Mahon. Le meilleur est à venir : par arrêt du conseil d’État du roi, il est reconnu noble et maintenu dans sa noblesse d’ancienne extraction le 3 juillet 1750. Le voici également marquis d’Eguilly par lettres d’août 1763. La réussite est totale !

 

Patrice : la gloire

Patrice de Mac Mahon pendant la guerre de Crimée

Petit-fils de Jean-Baptiste et seizième de dix-sept enfants, Patrice de Mac Mahon naît le 13 juin 1808 de Maurice-François de Mac Mahon et de Pélagie de Riquet de Caraman. Il voit le jour au château de Sully. Après des études au séminaire d’Autun, il entre finalement à l’École spéciale militaire en 1825.

En 1830, il est officier d’ordonnance en Algérie lors de la prise d’Alger. De retour en France, il gravit les échelons : aide de camp, lieutenant, capitaine… En 1841, il est de nouveau envoyé en Algérie où il demeure près de quatorze années !

Rentré en France fort d’une importante expérience dans le domaine militaire, il part en août 1855 pour la Crimée où la France de Napoléon III est en guerre contre la Russie, à la tête de la 1ère division d’infanterie de l’armée d’Orient. C’est là qu’il se distingue : le 8 septembre, il s’empare avec courage de la tour de Malakoff, au mépris de tout danger. Un exploit qui entraîne aussitôt la chute de Sébastopol, place stratégique.

En 1856, c’est la gloire : ayant reçu le commandement du 2ème corps de l’armée d’Italie dans la guerre contre l’Autriche pour l’unité italienne, il remporte le 4 juin la victoire décisive de Magenta. Le jour même, Napoléon III le fait maréchal de France et duc de Magenta ! Dès lors, il enchaîne les nominations stratégiques jusqu’à devenir Gouverneur général de l’Algérie en 1864. Il occupe ce poste jusqu’en 1870, année où éclate la guerre contre la Prusse. Il prend part aux combats sans pouvoir éviter la chute du Second Empire.

En 1873, Patrice de Mac Mahon est poussé à se présenter à la présidence de la République suite à la démission d’Adolphe Thiers. Charge dont il se démet en 1879 après avoir assez mal supporté la cohabitation avec une majorité de gauche.

Il se retire désormais dans ses résidences, partageant son temps entre le château de La Forest, à Montcresson, et son hôtel rue de Bellechasse, à Paris. Il décède à Montcresson en 1893, âgé de quatre-vingt cinq ans, après avoir rédigé ses souvenirs d’Algérie.

 

Amélie : la sauvegarde

Au temps du duc de Magenta, c’est son petit-neveu, le sixième marquis de Mac Mahon, qui est propriétaire du château de Sully. Son épouse Marthe de Vogüe réalise de nombreux travaux tels que la remise en activité des douves ou la restauration de la façade sud de style néo-renaissance.

Marthe meurt en 1923 sans enfant. Elle lègue le château à la branche cadette de la famille, issue du désormais célèbre Patrice de Mac Mahon.

Depuis, les descendants du duc de Magenta habitent le domaine. Aujourd’hui, c’est Amélie de Mac Mahon qui est propriétaire du chaleureux et authentique château de Sully où elle réside à l’année. D’origine écossaise, Amélie de Mac Mahon est la quatrième duchesse de Magenta. Avec ses deux enfants, elle entretient et valorise ce lieu chargé d’histoire, véritable berceau de la famille. Elle veille aussi sur le charmant domaine viticole rattaché à la propriété auquel elle tient beaucoup.

Surtout, la duchesse de Magenta permet au public de venir admirer son domaine. Les portes du château s’ouvrent chaque jour de Pâques à la Tousaint pour des visites guidées, un parcours fascinant à travers les magnifiques appartements meublés !

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    Patrivia