Festival Un été en Gascogne 2017

Sur les traces des femmes de pouvoir

L'histoire de France est jalonnée de femmes qui ont exercé un rôle important sur le royaume et son histoire. 

Nous avons choisi de vous en présenter six, accompagnées d'un lieu de patrimoine qui symbolise leur pouvoir.

 

Gisant d’Aliénor d’Aquitaine à Fontevraud

Aliénor d’Aquitaine :

La célèbre duchesse d’Aquitaine a joué un rôle fondamental dans l’histoire de France et d’Angleterre. En 1137, elle épouse en premières noces le roi de France Louis VII et l’accompagne lors de la IIe croisade. Au cours de cette épopée, leur relation se dégrade et le couple fait annuler son mariage, 3 ans après leur retour en France.

Aliénor épouse alors, en 1152, le futur roi d’Angleterre Henri II et apporte à la couronne d’Angleterre son fief qui s’étend du Poitou à l’Espagne et de l’Atlantique à l’Auvergne. Elle tient sa cour à Poitiers et joue un rôle important de mécène. Elle exerce le pouvoir sur son fief et jette notamment les bases d’un droit maritime. Après la mort de son époux, elle règne sur le royaume d’Angleterre, tandis que son fils Richard Cœur de lion part en croisade. Sa dernière action politique est de choisir l’épouse de l’héritier de la couronne de France parmi ses petites filles, elle préfère Blanche de Castille qui épouse le fils de Philippe-Auguste.

À 80 ans, elle se retire à l’abbaye de Fontevraud où elle est inhumée 4 ans après, en 1204.


Abbaye royale de Fontevraud

 

Blanche de Castille, détail d'une miniature de la Bible moralisée de Tolède, 1240.

Blanche de Castille :

Petite-fille d’Aliénor d’Aquitaine, Blanche de Castille épouse, en 1200, le futur Louis VIII, pour sceller la paix entre la France et l’Angleterre. Cette union donne naissance à 12 enfants dont le futur Louis IX.

Louis VIII décède, en 1226, alors que son fils aîné n’a que 12 ans. Devenue régente, Blanche de Castille se bat pour imposer son fils Louis IX à la tête du royaume face à une ligue de puissants barons qui envisagent d’enlever le roi.

Blanche et son fils se réfugient alors dans la forteresse de Montlhéry, avant que le peuple de Paris ne vienne les délivrer et les escorter jusque dans la capitale. Elle dirige d’une main de fer l’éducation politique et religieuse de son fils (qui deviendra Saint Louis) et mène les affaires du royaume pendant 8 ans, jusqu’au mariage de son fils avec Marguerite de Provence. Elle tente en vain de dissuader Louis IX de son projet de nouvelle croisade. Elle assume alors à nouveau le rôle de régente à partir de 1248 jusqu’à son décès en 1252.


Forteresse de Montlhéry

Anne de Bretagne entre trois saintes, détail extrait des Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon

Anne de Bretagne :

Héritière du duché de Betagne, Anne est mariée en 1491 au roi de France Charles VIII, alors qu’elle a déjà été mariée par procuration au futur Maximilien Ier de Habsbourg l’année précédente.

Lors de cette union, son mari l'exclut du pouvoir, notamment sur la Bretagne. Son contrat de mariage stipule qu’en cas d’absence d’héritier mâle né de cet hymen à la mort du roi, elle devra se marier avec son successeur. C’est ce qui arrive et elle épouse Louis XII en 1499.

Pendant son court veuvage, puis à la suite de cette nouvelle alliance, elle reprend ses droits sur la Bretagne. À Nantes, elle fait construire une nouvelle aile du château dans le style Renaissance et elle entreprend deux fois le tour de la Bretagne au cours de sa vie, pour asseoir son pouvoir sur le duché.


Anne de Bretagne entre trois saintes, détail extrait des Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon

Portrait de Louise de Savoie par ​Jean Clouet

Louise de Savoie :

Mère du roi François Ier, elle n’a jamais été reine mais a exercé un pouvoir important sur le royaume à plusieurs reprises.

Née dans le duché de Savoie, elle épouse très jeune Charles d’Orléans, comte d’Angoulême et cousin de Louis XII. Malgré ses nombreuses grossesses, Anne de Bretagne n’a aucun héritier mâle qui atteint l'âge de gouverner. C’est donc le fils de Louise de Savoie qui monte sur le trône à la mort de Louis XII : François Ier.

Elle est régente à deux reprises, pendant que François Ier guerroie en Italie en 1515 et surtout en 1525-1526 à la suite de la capture du roi lors de la bataille de Pavie. Elle obtient ainsi la libération de son fils contre ses deux petits-fils.

Elle laisse son empreinte avec la célèbre Paix des Dames, conclue entre elle et Marguerite d’Autriche représentant Charles Quint et le Saint-Empire. Ce traité de paix est signé à Cambrai, dans l’hôtel Saint-Pol appartenant à Marie de Luxembourg (cousine germaine de Louise de Savoie et par alliance de Marguerite d’Autriche). 


Hôtel Saint-Pol à Cambrai en 1924

 

Catherine de Médicis :

Duchesse d’Urbino par son père et comtesse d’Auvergne par sa mère, Catherine de Médicis est l’unique héritière de la fortune des Médicis, après le décès brutal de ses parents quelques jours après sa naissance. Protégée par les papes Léon X (son oncle) et Clément VII (son cousin), elle épouse le second fils de François Ier à 14 ans.

Après le décès du dauphin, elle devient dauphine mais son mariage est menacé par l’absence d’héritier. Il faudra 10 ans de mariage pour qu’elle enfante finalement d’un fils. Ils auront finalement 10 enfants dont 7 parviennent à l’âge adulte.

evenu roi, son époux s’affiche ouvertement à la cour avec sa maîtresse, Diane de Poitiers, qu’il couvre de titres et de châteaux dont celui de Chenonceau. Catherine de Médicis exerce une première régence pendant cette période, alors qu’Henri II part en guerre contre Charles Quint.
Après 12 ans de règne, le roi décède d’une blessure à la tête survenue lors d’un tournoi. Catherine de Médicis prend alors les rênes du royaume comme régente du roi Charles IX. L’une de ses premières décisions est de bannir Diane de Poitiers de la cour. En symbole de cette prise de pouvoir, elle échange avec elle le château de Chenonceau contre celui de Chaumont-sur-Loire.

Catherine de Médicis conserve un grand pouvoir pendant le règne de ses deux fils : Charles IX, puis Henri III jusqu’à son décès en 1589.

 

Anne d’Autriche :

Fille du roi d’Espagne, Anne d’Autriche est mariée à 10 ans au roi de France Louis XIII. La mésentente entre les époux est notoire, entre autres à cause des fréquentations de la reine et de sa fidélité au royaume d’Espagne.
Elle fait de nombreuses fausses couches et ne donne un héritier au trône qu’au bout de 23 ans de mariage, en 1638


Portrait d'Anne d'Autriche par Rubens

Cinq années plus tard, Louis XIII meurt, amenant Anne d’Autriche à devenir régente. Elle fait casser le testament de  son époux qui avait constitué un conseil de régence pour limiter ses prérogatives. Elle garde seulement le cardinal Mazarin comme unique ministre.

Elle fait face à la Fronde menée par le Parlement de Paris et les nobles qui s’élèvent contre son pouvoir et celui de Mazarin. Elle est alors obligée de s’enfuir de Paris en pleine nuit, afin de se réfugier au château de Saint-Germain-en-Laye, alors que le prince de Condé et ses troupes envahissent la capitale.
Cette guerre civile perdure jusqu’en 1652, alors que Louis XIV est légalement majeur depuis un an. Mais Anne d’Autriche continue à siéger auprès du roi jusqu’en 1661, date à laquelle Mazarin meurt, ce qui permet au Roi Soleil de débuter son règne personnel.

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