Le 15 août : de l'Assomption de la Vierge à Napoléon

Comme chaque année, le 15 août sonne le cœur de l’été, c'est l'acmé des congés des estivaux, jour de repos partagé par tous les Français. Ce jour de fête est particulièrement célébré par les communes qui organisent souvent à cette occasion des festivités : bals ou feux d’artifice.

Mais savez-vous quel événement particulier est commémoré le 15 août et pourquoi cette date est particulièrement célébrée en France ?
Nous vous invitons à le découvrir en parcourant ces lignes !

 

Une fête chrétienne dès les premiers temps de l'Église

Diptyque de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, ivoire réalisé en France au XIVe siècle, conservé au MET à New-York

Le 15 août est avant tout une fête chrétienne (sauf chez les Protestants) qui célèbre l’Assomption de la Vierge Marie, corps et âme, vers le paradis.

Cette fête ne doit pas être confondue avec l’Ascension qui rappelle la montée du Christ au ciel, célébrée 40 jours après Pâques.
La différence sémantique s’explique par la racine latine de ces noms : ascension vient du verbe ascendere (monter, s’élever) qui indique donc une action volontaire, tandis que le mot assomption vient du verbe assumere (assumer, enlever), qui indique que cette élévation vers le ciel est une volonté divine.

Tympan de la Dormition de la Vierge, portail sud de la Cathédrale de Strasbourg - vers 1200

Cette Assomption ne repose sur aucun texte des premiers temps de l’Église, aujourd’hui reconnu. Cependant elle est célébrée dès les premiers siècles par les Églises orientales où elle porte le nom de Dormition de la Vierge.

D’abord commémorée mi-janvier, elle est finalement fixée le 15 août par l’empereur romain d’Orient Maurice (582-602).
C’est le pape Théodore (642-649), originaire de Constantinople, qui importe cette fête en Occident. Elle est finalement imposée par le concile de Mayence en 813.

Une fête majeure, en France, dès le règne de Louis XIII

L'Assomption de la Vierge par Nicolas Poussin, 1649-1650, conservée au musée du Louvre

Si pendant tout le Moyen Âge, l’Assomption est vue comme une fête religieuse banale parmi les nombreuses qui rythment le calendrier annuel, cela change sous le règne de Louis XIII.

En 1637, plus de 20 ans après son mariage avec Anne d’Autriche, le roi n’a toujours pas d’héritier. Il fait alors le vœu auprès la sainte Vierge de lui consacrer son royaume s’il obtient enfin un fils. La reine donne naissance à Louis-Dieudonné, futur Louis XIV le 5 septembre 1638.

Pour remercier la Vierge de l’avoir exaucé, Louis XIII demande à tous ses sujets d’organiser, tous les 15 août, des processions en l’honneur de la Vierge. Le jour devient chômé pour faciliter l’organisation de ces célébrations.

Une fête nationale sous les Empires

Portrait de Napoléon Ier, Empereur, par François Gérard, conservé à Fontainebleau

Le calendrier républicain instauré pendant la Révolution supprime de nombreuses fêtes liturgiques dont l’Assomption.

Cela change avec Napoléon Bonaparte, Premier Consul, qui signe un concordat avec le pape en 1801. Cet accord autorise à nouveau, entre autres, la célébration des grandes fêtes catholiques.

En 1806, Napoléon Ier, devenu empereur, réinstaure en France le calendrier grégorien. À cette occasion, il exhume un saint ayant vécu au IVe siècle, dont le nom Neapolis, serait l'antique forme de Napoléon. Normalement fêté le 2 mai, l'empereur ordonne de le faire célébrer le 15 août, qui est également le jour de son anniversaire. Cette date est ainsi érigée en fête religieuse, nationale et impériale.

Abandonnée pendant la Restauration et la Monarchie de Juillet où le 15 août redevient uniquement l’Assomption. Mais cette date est à nouveau adoptée comme fête nationale par Napoléon III pendant tout le Second Empire.

 

Gravure figurant La fête du 15 août 1867 sur le Trocadéro

Avec l’avènement de la République, qui reconnaît toujours la Vierge Marie comme sainte patronne principale de la France, le 15 août retrouve sa vocation uniquement religieuse, il reste férié pour permettre aux catholiques de célébrer cette fête majeure.
Aujourd’hui, cette fête donne toujours lieu à de grands rassemblements, notamment à Lourdes, où le pèlerinage national français rassemble chaque année près de 10 000 personnes.

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