Qui connaît l’origine de la Saint-Valentin ? On la fête aujourd'hui sans se poser la question. Les racines sont anciennes, antiques même. La fête est imaginée de toutes pièces par l’Église chrétienne, qui se sert du patron des amoureux pour combattre des coutumes païennes jugées impies. Revenons sur cette invention !

 

L’histoire de l’Église ne manque pas de saint Valentin. Il y en aurait eu au moins huit.

Le Valentin qui va donner naissance à la fête des amoureux a donc réellement existé. Il a très probablement vécu au IIIème siècle après Jésus-Christ et officiait comme prêtre clandestin, bénissant des mariages en toute illégalité. Cette activité illicite lui vaut l’emprisonnement sous le règne de l’empereur Claude II et la décapitation en 270, 273 ou 280. Si l’année de sa mort est incertaine, le jour en revanche est connu et c’est cela qui importe : un 14 février. 

À la même époque, les Romains célèbrent le 15 février Lupercus, dieu de la fécondité. Lors de ces festivités appelées lupercales, on se livre à des sacrifices d’animaux et à des danses païennes au cours desquelles les hommes, à demi nus, fouettent le ventre des femmes, symbole de leur fertilité. Ces coutumes, sacrées pour les Romains, sont jugées licencieuses par les premiers chrétiens.

Longtemps, l’Église tolère les lupercales, tétanisée par la puissance impériale. Tout change à l’élection, en 492, d’un nouveau pape berbère, Gélase Ier. Pape réformateur et pieux, il souhaite définir un code de comportements irréprochables et commence par interdire à tout chrétien de participer à ces débauches. En 494, il instaure une fête de la purification pour concurrencer les lupercales : la « Fête de la purification de la Sainte-Vierge » se tient le 2 février. Les Romains défilent sagement à la lueur de flambeaux et de chandelles… Cette célébration donnera naissance à une autre fête bien connue, la chandeleur.

Mais cette procession n’empêche par les Romains de continuer à participer aux lupercales. Pour faire diversion, Gélase Ier décide de fêter un saint la veille des célébrations païennes pour les absorber dans la religion chrétienne tout en les corrigeant. Ce sera donc Valentin, mort un 14 février !

 

Hélas pour le pape, non seulement sa manœuvre échoue, mais en plus les Romains s’emparent du personnage de saint Valentin, qu’ils célèbrent aussi le 14 février lors de fêtes libertines. Des loteries amoureuses sont organisées et les tourtereaux sont surnommés Valentin et Valentine.

Gélase Ier est finalement, bien contre son gré, à l’origine de l’invention de la fête des amoureux ! Cependant, ce n’est que mille ans plus tard que saint Valentin est officiellement désigné comme patron des amoureux, sous le pontificat du pape Alexandre VI, Rodrigo Borgia. Une légende nait autour du personnage : le prêtre emprisonné aurait été séduit par les beaux yeux de la fille de son geôlier. La demoiselle, aveugle, aurait miraculeusement retrouvé la vue grâce à l’amour. Le condamné aurait ensuite écrit avant sa mort à sa dulcinée une lettre d’adieu signée « Valentin »…

La célébration des couples le jour de la Saint-Valentin ne commence réellement qu’à la fin des années 1950 ! Au Moyen-Âge, c’est avant tout la rencontre qui est fêtée. Lors de grands banquets, les jeunes hommes tirent une partenaire au sort et passent la nuit avec elle. Quant à la coutume du « Valentinage », elle consiste à associer une jeune fille avec un homme durant une journée : ils doivent s’offrir des présents et s’écrire des poèmes comme messages d’amour…

 

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