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L'histoire mouvementée de la Fête nationale

Pour certains il rime avec week-end prolongé, pour d’autres, il évoque le frisson du défilé sur les Champs-Elysées, les feux d’artifices et le bal des pompiers : vous l’aurez reconnu, le 14 juillet est fédérateur. Cependant, au cours de l’histoire, les Français n’ont pas toujours célébré cette date. La Fête nationale est en effet souvent le reflet des valeurs que les régimes politiques successifs veulent insuffler à la nation. 

Plongez-vous dans la genèse d’une fête aux multiples symboles ! 

Que fête-t-on au temps des rois de France ?

Jules Breton, La Fête de la Saint-Jean, huile sur toile, 1875

Sous l’Ancien Régime, et en particulier au Moyen Âge, on se sent plus souvent appartenir à une région qu’à la France. C’est pour cette raison qu’il n’existe pas une fête nationale, mais plusieurs fêtes locales. Par exemple, à Paris, on affectionne particulièrement la fête de la Saint-Jean, le 24 juin, qui rassemble les autorités politiques et commerciales ainsi que les habitants. À Marseille, on fête Saint-Victor, tandis qu’à Orléans, on fête bien entendu Jeanne d’Arc

À partir du XIVe siècle, et de manière toujours plus prononcée, le pouvoir se centralise et se cristallise dans la personne du roi. Apparaissent donc certaines fêtes d’ampleur nationale liées à la personne royale, qui incarne la France. Ainsi, à l’occasion des sacres et des mariages royaux, de grandes festivités se tiennent dans tout le pays et rassemblent les notables locaux, le clergé et les paysans. 

La Révolution française et la construction d’une nation

Abraham Girardet, Fête de la Fondation de la République, eau-forte, 1798

Avec l’abolition de la monarchie, la France perd son incarnation. Il faut donc trouver d’autres moyens de fédérer les Français. Une Fête de la Fondation de la République est instaurée en 1793 : elle a lieu le 1er vendémiaire (équivalent du 22, 23 ou 24 septembre, en fonction des années) et célèbre l’anniversaire de la Ière République. À Paris, c’est l’occasion d’expositions, de courses équestres et de jeux sur le Champ de Mars. 

À partir de 1804, l’empereur Napoléon Ier remplace cette fête républicaine par le 15 août, qui devient une fête religieuse, nationale et impériale. Le choix de cette date n’est pas un hasard : elle est à la fois la fête de l’Assomption, de la Saint-Napoléon et l’anniversaire de l’empereur. Ce symbole fort est ensuite repris par Napoléon III qui veut marquer la continuité avec le Premier Empire. 

Sous la Restauration, les Bourbons renouent avec la tradition de fêter le roi à travers la figure de son saint patron : la fête nationale est fixée au 25 août, jour de la Saint-Louis pendant le règne de Louis XVIII (1815-1824), puis au 24 mai, jour de la Saint-Charles sous Charles X (1824-1830). Le roi des Français, Louis-Philippe, s'inscrit dans cette veine, en faisant célébrer la Saint-Philippe. Plus libéral, il ouvre également des festivités sur tout le mois de juillet, en référence à la Révolution française. 

En moins d’un siècle, la date de la Fête nationale change donc au moins six fois

 

L'avènement du 14 juillet

Claude Monet, La Rue Montorgueil, huile sur toi, 1878. Contrairement à ce que l'on croit, ce tableau ne représente pas le 14 juillet, mais la Fête du Progrès et de la Paix du 30 juin 1878

La IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870, mais elle reste très fragile. Elle est regardée d’un mauvais œil par un grand nombre de parlementaires et la Fête nationale est même déclarée hors-la-loi entre 1870 et 1880. Alors que le sentiment républicain se renforce petit à petit, des esquisses de fêtes nationales apparaissent : le 30 juin 1878 a lieu la Fête du Progrès et de la Paix, qui célèbre la République et fait flotter les drapeaux tricolores. 

Le débat autour d’une fête nationale s’enflamme alors: quelle date retenir ? On propose les Trois Glorieuses de 1830, elles sont jugées trop royalistes ; on parle de la victoire de Valmy le 20 septembre 1792, qui s’avère trop révolutionnaire ; on suggère le 20 juin et le 4 août, respectivement anniversaires du Serment du Jeu de Paume et de l’abolition des privilèges. Aucune ne fait l’unanimité. Finalement, c’est sur le 14 juillet, date de la prise de la Bastille en 1789, mais aussi de la Fête de la Fédération en 1790 que s’accordent les opinions. Symbole de l’action populaire, le 14 juillet est aussi le souvenir fantasmé d’une Révolution française festive et consensuelle. Il est donc finalement inscrit dans la loi le 6 juillet 1880 comme Fête nationale. 

François Flamareng, Le défilé de la Victoire, le 14 juillet 1919

Depuis lors, la fête nationale se compose toujours d’un défilé militaire et de festivités populaires. Plusieurs 14 juillet sont marquants dans l’histoire de la République, comme ceux de 1919 et 1945, au cours desquels les Français se sont rassemblés avec une ferveur accrue pour fêter la victoire. 

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    Patrivia