7 choses remarquables sur la basilique Saint-Sernin

La basilique Saint-Sernin de Toulouse, joyau de l'art roman, recèle mille et un secrets, mais voici déjà 7 informations remarquables qui devraient mettre l'eau à la bouche de tous les amoureux du patrimoine...

La plus grande église romane de France

Nef de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse

La basilique Saint-Sernin est un symbole de l'architecture romane méridionale. Elle se distingue par son chevet harmonieux et ses vastes proportions qui en font la plus grande église romane encore conservée en France.

La nef s'étire sur 115 mètres (dont 64 pour le transept), soit la longueur d'un terrain de football.
La voûte de la nef principale s'élève à 21 mètres, de quoi accueillir un petit immeuble de 7 étages...
Le clocher octogonal, quant à lui, pointe à 65 mètres.

Cette taille majestueuse était destinée à accueillir les nombreux pèlerins en route pour Saint-Jacques de Compostelle...

Un patrimoine mondial

Hôtel-Dieu Saint-Jacques sur les bords de la Garonne

Depuis le Moyen Âge, Toulouse est une étape majeure sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle comme en atteste les références dans le livre V du Codex Calistinus : le Guide du Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
On y décrit la Via Tolosana ou Chemin d'Arles (voir carte ci-dessus) qui emmène les fidèles de Provence jusqu'en Espagne.

Deux édifices toulousains témoignent particulièrement de cette histoire : l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques et, bien entendu, la basilique Saint-Sernin.
L'église renferme des reliques de l'apôtre dans un coffre que vous pouvez découvrir dans la vidéo ci-dessous.

L'UNESCO a reconnu le caractère exceptionnel de ces deux monuments en 1998, à travers leur inscription au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

Saint Saturnin, Saint Sernin et la rue du Taur

Avant de devenir une étape incontournable de la Via Tolosana, l'église Saint-Sernin fut construite pour accueillir les reliques de Saturnin, premier évêque de Toulouse.
Le nom de Saturnin a subit de nombreuses altérations au cours des siècles pour donner notamment : Sernin.

Saturnin de Toulouse prêche au IIIe siècle de notre ère avant de mourir en martyr.

Le récit raconte qu'en 250 après JC, des prêtres païens demandent à Saturnin de participer au sacrifice d'un taureau au nom de l'empereur. Le chrétien refuse. Il est alors attaché au taureau et traîné par la bête jusqu'à son dernier souffle.

La rue du Taur qui court de la place du Capitole jusqu'à la basilique serait nommée d'après cet événement.

A partir du IVe siècle, plusieurs églises sont construites pour abriter les reliques du saint jusqu'à l'élévation de la basilique actuelle au XIe siècle.

Au XVIIIe siècle, le tombeau du saint est déplacé dans un magnifique sarcophage baroque. Celui-ci est surmonté de la figure de Saturnin entouré d'un baldaquin.
Les restes du crâne du martyr sont quant à eux conservés dans un reliquaire derrière l'autel.

Si saint Saturnin et saint Jacques sont les figures les plus marquantes de la basilique, bien d'autres objets sacrés reposent dans l'église toulousaine...

Les reliquaires de Saint-Sernin

Buste reliquaire de saint Jude

La basilique Saint-Sernin est également impressionnante par la concentration de reliques qu'elle protège depuis sa construction au XIe siècle.
Les plus téméraires diront que seul le Vatican en possède plus que l'église toulousaine...
Quoi qu'il en soit, ce sont plus de 200 morceaux d'os, des objets saints et des fragments de la Sainte Couronne qui ont été reçus ou acquis par la paroisse au fil des siècles.

Disséminés dans les chapelles et la crypte, les reliquaires abritent des restes de plusieurs apôtres dont saint Jacques le Majeur et saint Jude ainsi que saint Etienne, sainte Thérèse de Lisieux et bien d'autres.

Il vous faudra l'aide d'un guide pour connaître toutes les histoires et les légendes qui accompagnent ces objets sacrés...

La basilique aux 260 chapiteaux

Parmi les trésors de la basilique, les sculptures des chapiteaux sont particulièrement remarquables. 260 ornementations de colonnes sont visibles à l'extérieur et à l'intérieur de l'édifice, sans compter les pièces conservées dans le musée des Augustins.

Les amateurs d'art roman pourront en apprécier la finesse ! 

Les thèmes et les détails varient selon l'emplacement. On peut repérer, par exemple, une série de chapiteaux illustrant la dichotomie salut/damnation sur la porte des comtes. Le portail occidental offre quant à lui, un ensemble de personnages et d'animaux au milieu d'une végétation abondante.

  • Chapiteau du péché originel et chapiteau des lions à la basilique Saint-Sernin de Toulouse - Copyright : PierreSelim - CC0
  • Chapiteaux à la basilique Saint-Sernin de Toulouse - Copyright : kristobalite - CC BY-NC-ND 2.0
  • Chapiteaux à la basilique Saint-Sernin de Toulouse - Copyright : Caroline Léna Becker - CC0
  • Chapiteaux à la basilique Saint-Sernin de Toulouse - Copyright : Caroline Léna Becker - CC0
  • Chapiteau métaphore de la luxure, porte des comtes à la basilique Saint-Sernin de Toulouse - Copyright : JMaxR - CC BY-SA 2.0

Les pieds de Saint-Christophe

Pieds de saint Christophe dans la basilique Saint-Sernin de Toulouse

Dans l'église, le visiteur attentif remarquera deux pieds sortant mystérieusement d'une colonne...
Cette sculpture est en réalité le prolongement d'une fresque de saint Christophe qui s'est estompée avec les siècles, mais dont on peut encore apercevoir quelques pigments.

Dans la tradition chrétienne, saint Christophe est le patron des voyageurs. Les pèlerins venaient effleurer ses pieds pour assurer la protection de leur périple vers l'Espagne.

Les deux pierres portent encore la marque de la dévotion de ces marcheurs spirituels.

Saint-Sernin et Viollet-le-Duc

La basilique Saint-Sernin est classée monument historique dès 1838 par Prosper Mérimée. Après une première campagne de restauration, Eugène Viollet-le-Duc, sur recommandation de Mérimée, est chargé de la restauration générale de l'église. Les travaux extérieurs débutent vers 1860 et à l'intérieur vers 1872.

Mais peu de ses transformations sont encore visibles aujourd'hui. D'importantes campagnes de restauration entre 1967 et 1990 reviennent en effet sur les interprétations de Viollet-le-Duc pour retrouver l'esprit médiéval originel de la basilique. Les puristes approuveront.

Ainsi que nous l'avons annoncé en introduction, la basilique Saint-Sernin est la gardienne de mille et un secrets qu'il serait vain de transcrire ici. Il vous faudra prendre le temps d'un voyage plein d'émotions au cœur de la Ville Rose pour explorer tous ses trésors et ses mystères...

En attendant, préparez votre visite grâce aux sites Internet de la ville de Toulouse :
https://www.toulouse.fr/web/patrimoine
https://www.urban-hist.toulouse.fr/

A voir également :

Quiz : Les églises et les couvent de Toulouse 

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