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À la découverte des Hôtels Particuliers de Toulouse

Le centre historique de Toulouse est reconnu Site Patrimoine Remarquable depuis 1986.
Admirée pour ses édifices religieux, sa brique, et ses monuments historiques, la Ville rose conserve également en son sein plus de 200 hôtels particuliers, érigés de l'époque médiévale au début du XXe siècle.

L’expression « hôtel particuliers » différencie la demeure d’un riche propriétaire des autres types d’édifices, affirmant la puissance publique (Hôtel de ville, Hôtel de la monnaie) ou hospitalière (Hôtel-Dieu, etc). Bâtisses imposantes, les hôtels particuliers sont, en général, constitués de pièces de service dans les communs, d’écuries, de services de bouche, d’escaliers d’honneurs, de pièces d’apparat, de salons, ainsi que de pièces plus intimes pour préserver la vie de la famille.

Remontons l’histoire de Toulouse, à la découverte de ses merveilles architecturales.

Vue de Toulouse

L'époque médiévale : les premiers modèles

Du XIe siècle au XIVe siècle, l’architecture toulousaine connaît un grand essor, dont les édifices religieux sont les plus belles manifestations.

Cependant, la ville, composée de simples maisons en torchis et à pans de bois, de maisons fortes appartenant à de grandes familles, et de tours-logis en brique aux salles voutées, est remaniée à de multiples reprises.

Quelques monuments de cette époque médiévale sont encore visibles aujourd’hui. C'est le cas de la Tour Maurand, bâtie au XIIe siècle, la Tour Vinhas, édifiée un siècle plus tard, ou encore l’Hôtel d’Ulmo, construit à partir de bâtiments médiévaux. S’ils ont traversé les siècles, c'est grâce à leur structure en brique. Ce matériel onéreux, réservé aux riches propriétaires, étant bien plus résistant aux intempéries et aux incendies que le bois ou le torchis, traditionnellement utilisés pour les habitations modestes.

Hôtel d'Ulmo, Toulouse

Le grand incendie du XVe siècle : la transition architecturale

Deux incendies importants vont entraîner une période de transition architecturale, et révolutionner l’organisation urbaine. En 1441, la rue de la Dalbade est ravagée par les flammes. Plus violent encore, le grand incendie de mai 1463 dévaste la ville pendant 15 jour, amenant Louis XI à exempter la ville d’impôts pour lui permettre d’être relevée. Les deux tiers de la cité, composés de maisons en bois et torchis, partent en fumée. Reconstruites, les demeures urbaines s’éloignent de l’architecture fortifiée.

Ces nouveaux hôtels particuliers gothiques sont composés de plusieurs logis, dont l’un donne sur la rue. Ce dernier était généralement utilisé comme boutique par de riches marchands. Les cours, auparavant utilisées pour leurs fonctions de service, deviennent des cours d’honneur. Les escaliers en vis sont abrités par des tourelles, et les édifices sont percés de fenêtres à traverses et à meneaux.

L’hôtel de Boysson-Cheverry, l’Hôtel de Catel, et l’Hotel Delfau, bâti entre 1493 et 1497, et célèbre pour sa boutique voûtée, sa cour et sa tour d’escalier, en sont des exemples caractéristiques.

Hôtel Delfau, Toulouse

L’Âge d’Or : le développement du marché du pastel

Joseph Saliger, historien du XVIe siècle, parlait de la Ville Rose en ces termes : « Toulouse était bâtie de sapins il y a 70 ans ; le feu s’y prit ; il brulât 800 maisons : depuis ils ont bâti de brique et de marbre. C’est la plus belle ville de France. Ce sont des palais que ses maisons ».

L’accroissement du marché du pastel, plante réputée pour sa couleur bleue, et l’affirmation de la vocation marchande de la ville, font de Toulouse une puissance économique importante. À cela s’ajoute l’extension de sa puissance politique, marquée par la présence du deuxième parlement de France et d’une université réputée.

Les Hôtels Renaissance de Toulouse sont caractérisés par une architecture complexe, rehaussée d’éléments antiques, tels que des décors de motifs végétaux et humains. De grands murs de clôture marquent la séparation avec l’espace public, de portails monumentaux s’élèvent, la symétrie est recherchée, de hautes tours sont édifiées, des escaliers à rampes droites apparaissent.  

L’hôtel d’Assézat, l’une des demeures de la Renaissance les plus harmonieusement ornées, l’hôtel Maynier, l’hôtel de Bernuy, l’hôtel Dahus-Tournoer, les hôtels Dassier et Tornié-Barrassy et l’hôtels de Molinier en sont des exemples exhaustifs, parmi les 150 hôtels identifiés de la période moderne.

Hôtel d'Assezat, Toulouse

XIXe siècle : entre permanence et innovation

La Révolution Française marque une rupture dans la conception et l’architecture des hôtels particuliers de Toulouse. La bourgeoisie agrandit le centre historique de Toulouse, les rues sont modernisées, des aménagements sont effectués pour correspondre aux attentes et techniques du siècle.

La fonte, adoptée pour des grilles ou les garde-corps, ainsi que la terre cuite, souple et modulable, sont utilisées pour les décors. Les frères Virebert mettent au point une technique innovante inspirée du patrimoine local et renouvellent ainsi les décors en terre cuite moulés pour imiter la pierre sculptée. L’Hôtel de l’allée François-Verdier en est un exemple typique, puisque les éléments en terre cuite sont issus du catalogue des Virebert. La maison de la rue des marchands, ornée de douze cariatides en terre cuite, reprend l’usage toulousain de la bichromie.

Une nouvelle esthétique, inspirée du Moyen-Âge et de la Renaissance est de rigueur, dont l’hôtel néo-gothique Paulhiac-Marsan, bâti en 1859, est caractéristique.

Hôtel Paulhiac, Toulouse

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