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Balade au fil de la Garonne à Toulouse

Les rives de la Garonne à Toulouse sont bordées de merveilles architecturales. Longer le fleuve, cœur historique et économique de la ville, est l’occasion de découvrir des trésors du patrimoine marqués par la grandeur et le raffinement des bâtisseurs.

Remontons les bords de la Garonne à la découverte de ses ponts, de ses édifices majestueux, pour une balade au fil de l’eau et des siècles.

  • Pont des Catalans de nuit © Maxime Lafage
  • Construction du pont des Catalans en 1905-1908 © Eugène Trutat Museum de Toulouse
  • Pont Saint-Pierre de Toulouse © Aurore Photo
  • Pont Saint-Pierre de Toulouse © Maxime Bober
  • Pont Neuf de Toulouse © Pierre Selim
  • Pont Neuf de Toulouse, de nuit © Gregory Tonon
  • Pont Saint-Michel à Toulouse © Serydicule
  • Construction de l'ancien pont Saint-Michel de Toulouse en 1888 © Eugène Trutat Museum de Toulouse

Les ponts de Toulouse

Le Pont des Catalans : Ce pont en arc, pierre et béton armé datant du XXème siècle est initialement appelé pont des Amidonniers, du nom du quartier où il débouche. Sa particularité est d’être conçu selon un système innovant dit « à anneaux » : deux voûtes en maçonnerie reliées à 10 mètres de distance portent un tablier en béton armé. Inauguré en 1907 lors de journées de fête en présence de la ville de Barcelone, le pont est devenu symbole de l’amitié occitano-catalane, et prend désormais le nom de “pont des Catalans”.

Le Pont Saint-Pierre : Construit en bois pour la première fois en 1852 afin de proposer un nouveau franchissement de la Garonne, le pont Saint-Pierre est détruit quatre fois. Les deux premiers sont emportés par des crues majeures. Les deux suivants se révèlent fragiles et inappropriés à l’augmentation de la circulation des véhicules automobiles. Il est remplacé pour la cinquième fois, en 1987, par un pont en métal suspendu, aux allures art nouveau.

Le Pont Neuf : Comme le pont parisien éponyme, le Pont Neuf est en fait le plus ancien pont de Toulouse qui traverse le bras principal de la Garonne ! Pour autant, sa construction n’a pas été un long fleuve tranquille. Commandé par François Ier, en 1544, pour aménager une route vers l’Espagne, l’édification de ce pont est régulièrement interrompue par des crues destructrices et les Guerres de Religions. Achevé en 1632, le pont présente aujourd’hui 8 arches monumentales, en briques et pierres de taille.

Le Pont Saint-Michel : Renommé pour être l’une des plus belles vues sur le centre historique de la ville rose, le pont Saint-Michel est réalisé en 1844 pour soulager le Pont Neuf de ses nombreuses fréquentations. Emporté par une crue dévastatrice en 1875, le premier pont suspendu est remplacé par un monument à arches et tablier métallique. Ce dernier, trop étroit, est détruit en 1954 et supplanté par l’édifice actuel, en béton, répondant à des contraintes de circulation.

 

  • Vue sur la centrale du Bazacle et la Garonne © EDF - Xavier Popy
  • L'Hôpital de La Grave et son dôme à Toulouse © Philippe Amiot
  • Hôtel-Dieu de Toulouse © Falcon Photo
  • Église de la Daurade à Toulouse © Kimon Berlin
  • École des Beaux-Arts de Toulouse © Didier Descouens
  • Château d'Eau de Toulouse © Jonhatan Chapon
  • Centrale du Ramier © Kuremu Sakura

Les bâtiments publics des bords de Garonne à Toulouse

Bazacle et sa chaussée : La Bazacle constitue un fond de marne dure qui permet dès l’Antiquité de traverser la Garonne, grâce à la faible hauteur de l’eau. Jusqu’à la construction du Pont Neuf, au XVIIe siècle, ce passage est utilisé lorsque les autres accès sont impraticables. Le prieur de la Daurade permet la construction d’une chaussée destinée à l’alimentation les moulins, installés à proximité. Ils sont remplacés en 1946 par une centrale électrique visitable aujourd’hui.

L'Hôpital de la Grave : Excentré du centre historique pour éviter toute contamination, la Grave accueille depuis le Moyen Âge des populations malades de la peste, des pauvres, des orphelins, des prostituées, et épileptiques. 
Au XVIIe siècle, des travaux d’agrandissement permettent de remédier au nombre croissant de nécessiteux qu’il accueille. Il est transformé en maternité au XXe siècle avant de devenir une Cité de la Santé. Reconnaissable facilement grâce à son dôme, sa chapelle est destinée à être aménagée en lieu culture.

L'Hôtel-Dieu Saint-Jacques : Édifice majestueux, en briques, surplombant la Garonne, l’Hôtel-Dieu est fondé par les moines bénédictins de la Daurade. Depuis le XIIe siècle, sa mission reste la même : soigner et nourrir les malades, les pauvres, les pèlerins. Plus tard, il accueille les nouveau-nés abandonnés déposés dans la tour, encore visible aujourd’hui. Au Moyen Âge, ce lieu d’accueil constitue une étape pour les pèlerins venant prier à Saint-Sernin. Il est labellisé patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

Église de la Daurade : Cette église, à l’architecture classique du XVIIIe siècle, est édifiée sur le site de l’une des plus anciennes églises de Toulouse. Son abside était couverte de mosaïques dorées paléochrétiennes. La tradition parle d’un temple romain transformé en basilique chrétienne dès le Ve siècle. Les nombreuses marques de dévotion à la Vierge et les pèlerinages mariaux lui valent la reconnaissance du Pape et le titre de basilique mineure. De grands couturiers renouvellent les vêtements de la Vierge Noire au XXe siècle.

L'École des Beaux-Arts : L’ancien monastère de la Daurade, transformé en filature de coton, puis en manufacture de tabac au XIXe siècle accueille aujourd’hui l’École des Beaux-Arts. Sa façade a d’ailleurs été remodelée à l’arrivée des étudiants. Des statues allégoriques représentant la Sculpture, la Peinture, la Gravure, et l’Architecture, sont encadrées de médaillons célébrant des artistes français, mettant ainsi en lumière la vocation des lieux.

Le Château d’eau : Du château d’eau à la plus ancienne galerie publique d’art photographique, il n’y a qu’un pas, ou presque. Bâti, en 1825, pour créer le premier réseau d’adduction d’eau de ville, l’édifice est connu pour sa tour de briques, surplombée d’une lanterne, et pour sa roue à aube utilisée pour pomper l’eau de la Garonne. En 1974, le château est confié au photographe toulousain Jean Dieuzaide pour en faire un lieu d’exposition de photos unique en France.

Centrale du Ramier : Sortie de terre dès 1917, la centrale hydroélectrique du Ramier a su exploiter la puissance de la Garonne pour fournir de l’énergie destinée à l’éclairage de la Ville Rose. Construite en brique, pierre et béton, ce bâtiment industriel ouvre par de grandes baies sur la salle des machines dotée de six turbines.

 

  • Écluse Saint-Pierre de Toulouse © Archives Municipales de Toulouse
  • Rive droite de la Garonne à Toulouse © Pierre Selim
  • Remparts Saint-Cyprien de Toulouse © Didier Escouens
  • Quai de Tounis à Toulouse © Marc Souviron
  • Écluse Saint-Michel à Toulouse © M Strikis

Les aménagements de la Garonne à Toulouse

Écluse Saint-Pierre et le Canal de Brienne : Intégrée au canal du Midi, lui-même inscrit depuis 1996 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’écluse Saint-Pierre est creusée au XVIIIe siècle suite à la volonté des États du Languedoc de faciliter la circulation des denrées. Construite en pierres de taille, elle offre l’accès au canal de Brienne, aujourd’hui lieu de promenade appréciée pour la voûte de platanes qui la surplombe.

Quai et ports de la rive droite : Les travaux d’urbanisme des berges de Toulouse ont profondément transformé l’aspect de la rive droite de la Garonne, par la construction de ports et de murs en briques. Il s’agissait de protéger Toulouse des inondations et de donner une impulsion à l’économie locale, mise à mal depuis la fin du commerce du pastel. Le projet de bâtir une architecture régulière sur le quai haut, rythmée par des arcades, est rapidement paralysé par la Révolution, laissant place à des façades aux allures très diverses. 

Remparts de Saint-Cyprien : Cette œuvre militaire, bâtie au Moyen Âge, destinée à fortifier et défendre la ville, est sujette à de nombreuses transformations au XVIe siècle. Elle remplace le simple talus qui protégeait la rive gauche. Plus de 300 mètres de remparts sont découverts en 1998 pendant la démolition des annexes des anciens abattoirs. Au XVIIIe siècle, la dernière tour, donnant sur la Garonne, accueille les pestiférés de l’hôpital de la Grave.

Port Viguerie : Édifié en 1777, derrière l’Hôtel-Dieu, ce port en arc de cercle est destiné à protéger le quartier Saint-Cyprien des inondations et à donner une nouvelle dynamique à son commerce. Des portes étanches sont rajoutées en 1950, laissant apparaître un pont qui participe considérablement à l’embellissement des quais toulousains. Sa coursive offre une vue admirable sur les trésors architecturaux de la rive droite.

Tounis : L’île de Tounis n’a pas toujours été le quartier résidentiel prisé qu’il est devenu aujourd’hui ! Erigé du XVIe siècle, un pont relie l’île basse à la ville. Lieu d’activités malodorantes, abritant notamment des écorcheurs, tanneurs, teinturiers, l’île est souvent en proie aux inondations. Les habitants n’en sont protégés qu’en 1850 lors de la construction d’un mur de protection. Au XIXe siècle, le bras de la Garonne séparant l’île de la ville est asséché. Il devient ainsi un quartier à la mode, choisi par Claude Nougaro en dernière demeure.

Écluse Saint-Michel : Cet aménagement a la particularité d’être la seule écluse de la Garonne toulousaine construite au XIXe siècle pour améliorer la navigation. Elle est située à côté de la maison de l’éclusier, qui porte encore la marque du niveau de la crue dévastatrice de 1875. Progressivement désaffectée dans les années 1930, à cause d’un détournement du fleuve par la construction de barrages, elle est restaurée en 1996 pour être désormais automatisée.

Cours Dillon : Le Cours Dillon est aménagé au XVIIIe siècle, pour protéger la rive gauche des inondations. Accessible depuis le XIXe siècle par un immense escalier, le Cours est depuis les années 1970 un jardin naturel apprécié des Toulousains. Ils peuvent y découvrir une vue exceptionnelle sur le Pont-Neuf et le Quai des Tounis.

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