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Le patrimoine insolite de Toulouse

La capitale historique du Languedoc offre un patrimoine éclectique représentatif de la longue histoire du chef-lieu de la région Occitanie. Parmi ce vaste ensemble architectural, même les plus avertis des amateurs de vieilles pierres peuvent manquer quelques pépites. Voici donc 6 lieux souvent oubliés qui méritent pourtant un léger détour...

  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Copyright : VIGNERON WP CC BY SA 1.0
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Copyright : Didier Descouens WP CC BY SA 4.0
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Tête du Bouddha. Bruner, Pakistan. Entre le ier et le ve siècle. Schiste gris-bleu.
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Buddha (à D.) avec quatre personnages. Gandhara, Pakistan actuel. Art gréco-bouddhique ier – ve siècle. Schiste gris bleu, H. 16 cm.
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Un couple et son enfant. Nouvel Empire. Règne de Thoutmôsis IV, (XVIIIe dynastie). Calcaire sculpté et peint
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Barque funéraire. Moyen Empire égyptien, -2033 à -1786. Bois sculpté et peint, H. 80 L. 60 cm
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Estampe de 1848 : Nakamura Utaemon IV dans le rôle de Darum par Kubo Shunman
  • Musée Georges-Labit de Toulouse - Vishnu Vikrânta. Népal, xviie siècle. Pierre, traces de polychromie et de dorure.

Une villa Mauresque au cœur du Languedoc

Sur les bords du Canal du Midi, au milieu d'un jardin exotique se cache probablement un des patrimoines les plus insolites de Toulouse : la villa néo-mauresque de Georges Labit. Ce grand voyageur et ethnologue toulousain bâtit cette maison en 1893 pour abriter la collection d'objets qu'il a rapportés de ses voyages en extrême orient.

En 1912, la villa est léguée à la ville de Toulouse qui enrichit depuis les collections du Musée Georges-Labit. On y trouve aujourd'hui des œuvres exceptionnelles d'Egypte, du Japon, de Chine, d'Inde, du Népal, d'Asie du Sud-Est...
Le musée propose également de nombreux ateliers pour explorer les arts et les civilisations de cette partie du globe.

Le jardin d'agrément qui entoure le musée offre également aux Toulousains et aux visiteurs de passage une sélection de plantes asiatiques et méditerranéennes pour un moment de quiétude au milieu du tumulte de la Ville Rose.

Pour en savoir plus sur le musée et préparer votre visite, suivez-le lien : https://www.museegeorgeslabit.fr/

 

Une crypte éprise de Justice

L'Histoire antique et médiévale de Toulouse est encore visible ça et là dans les rues de ville, mais certains vestiges préfèrent rester loin des regards... C'est le cas de la Porte Narbonnaise et du château des Comtes de Toulouse dont une partie des fondations est conservée sous le Palais de Justice.

Le Palais de Justice actuel est un monument éclectique construit entre 1492 et 2008. Toulouse accueille en effet dès le XVe siècle le premier parlement de province dont il reste la Grand’chambre. Lors des dernières rénovations, les fouilles archéologiques ont mis au jour plusieurs couches historiques d'une importance capitale pour Toulouse dont :

  • la Porte Narbonnaise construite, selon les dernières estimations, lors de la refondation de la ville au Ier siècle de notre ère par l'empereur Auguste.
  • le château Narbonnais des comtes de Toulouse bâti par Raymond V entre 1155 et 1175.

Attention, il vous faudra être patient pour découvrir la crypte archéologique qui renferme ses trésors. Elle n'est ouverte que pour des visites guidées à réserver.

 

Un château d'eau photogénique

Exposition dans la galerie du château d'eau de Toulouse - Copyright : initialsBB CC BY NC SA 2.0

Le Château d'Eau de Toulouse né de la vision du capitoul Charles Laganne qui, à sa mort en 1789, lègue à la ville une somme conséquente pour créer des infrastructures afin de « distribuer des eaux de la Garonne, pures, claires et agréables à boire » à la commune.

Il faudra cependant attendre 1821 pour que le projet se concrétise. Le bâtiment n'est, en fait, pas un château d'eau puisqu'il ne contient pas de réservoir.
Il permet cependant d'alimenter, dès 1829, tout un réseau de fontaines. C'est sa forme élancée qui coure sur 30 mètres qui lui vaut d'être nommé ainsi.

Devenu obsolète, le Château d'Eau est sauvé de la démolition dans les années 1970 grâce au photographe Jean Dieuzaide qui en fait un lieu d'exposition consacré à la photographie.
Un bel exemple de sauvegarde du patrimoine en adaptant sa fonction principale !

Une fontaine de larmes et de chocolat

L'inondation de 1875 à Toulouse

En 1875, la Garonne connait une crue exceptionnelle. Le niveau des eaux atteint 9,47m, provoquant une inondation dévastatrice en particulier sur la rive gauche du fleuve. Des ponts d'effondrent, plus d'un millier de maisons sont détruites, on dénombre plus de 200 morts et 25 000 sans-abri.

Ce désastre marque les esprits de tous les Toulousains de l'époque.
En 1885, le confiseur Hippolyte Olivier, spécialisé dans les chocolats, propose donc au conseil municipal de créer une fontaine dans le quartier Saint-Cyprien pour commémorer l'événement. Des angelots aux ailes de libellules y pleurent ainsi les victimes de l’inondation.

La fontaine monumentale est accompagnée d'un abreuvoir et de deux bornes fontaines pour alimenter les habitants en eau potable : une manière de reconnecter les Toulousains avec la Garonne... 

 

Le ciel au cœur de Toulouse

L'Observatoire astronomique de Toulouse, en 1935.

Les liens de Toulouse avec le ciel et l'espace remontent bien plus loin que la belle épopée de l'aéropostale du début de XXe siècle.

En effet, le premier observatoire astronomique de la ville est fondé dès 1733 par l'Académie des Sciences locale.

Au milieu du XIXe siècle, l'observatoire s'agrandit et prend place sur la colline de Jolimont. C'est là encore qu'on peut admirer l'architecture des bâtiments déssinés par Urbain Vitry et dont l'exception leur a valu une inscription au titre des monuments historiques en 1987.
En tout, trois coupoles permettaient aux astronomes d'étudier le ciel occitan et de faire avancer la grande aventure aérospatiale de Toulouse.

Une morgue délicieusement rénovée

Terminons notre tour du patrimoine toulousain insolite par un lieu des plus étranges sur le quai de la Daurade : une ancienne morgue transformée en buvette. Les noyés de la Garonne y étaient déposés avant d'être identifié.

Un bar de plein air vous accueille désormais en lieu et place du funeste bâtiment. Vous pourrez ainsi vous reposer avec modération de votre balade patrimoniale...

Pour en savoir plus sur le patrimoine de Toulouse, suivez ces liens :
https://www.toulouse.fr/web/patrimoine
https://www.urban-hist.toulouse.fr/

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