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16/11/2022
1810

Sur les traces de Marcel Proust

Grand écrivain français de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, Marcel Proust a laissé son empreinte dans les rues de la capitale parisienne ainsi que sur les bords de plage de Normandie. Cent ans après sa mort, ces lieux se souviennent encore du passage de l’auteur de La Recherche.

Proust consacre sa vie à son œuvre monumentale, À la Recherche du temps perdu, composée de sept tomes et publiée de 1913 à 1927. Les quatre premiers ouvrages sont les plus célèbres : Du côté de chez Swann, puis À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Le Côté de Guermantes et enfin Sodome et Gomorrhe. En 1919, il obtient le prix Goncourt pour son deuxième tome de La Recherche, ce qui le rend immédiatement célèbre.

Ses souvenirs d’enfance sont précieux puisqu’ils lui servent d’inspiration pour décrire les lieux dans lesquels ses héros évoluent. Sa vie mondaine lui permet de côtoyer l’aristocratie et la bourgeoisie parisienne. Ces rencontres sont des sources d’inspiration pour ses romans.


Timbre Marcel Proust émis en 1966

Une enfance dans le Paris haussmannien

Photographie de Marcel Proust par Nadar en 1887

C’est au 96 de la rue La Fontaine, dans le XVIe arrondissement de Paris, que le célèbre écrivain Marcel Proust naît en 1871. Sa mère, Jeanne Weil, issue d’une famille juive de Lorraine, inquiète de la situation sociale de Paris est alors hébergée chez son oncle Louis Weil.
Elle surprotège le jeune Marcel durant toute son enfance. Face à sa santé fragile, son père, Adrien Proust, qui est un médecin réputé à Paris, est plus distant et froid.

Marcel et son frère Robert grandissent dans une maison bourgeoise du boulevard Malesherbes. Ils passent leur enfance principalement entre les VIIIe et IXe arrondissements de Paris. Les jardins des Champs-Élysées et le parc Monceau sont leurs terrains de jeux.

Marcel est scolarisé au lycée Condorcet, près de la gare Saint-Lazare, de 1882 à 1889. Il côtoie les grandes familles bourgeoises parisiennes, dont celle du compositeur Georges Bizet.

Illiers-Combray et la madeleine de Proust

Maison de Tante Léonie à Illiers-Combray © Best Jobers

Dans l’Eure-et-Loir, il passe plusieurs vacances chez sa tante Léonie dans le village d’Illiers, désigné sous le nom de Combray dans son œuvre À la recherche du temps perdu.

Pour rendre hommage à Proust, la commune prend le nom d’Illiers-Combray en 1971.

La maison de sa tante, avec sa façade ornée de faïence, témoigne du style architectural de la région et d’une époque.

C’est ici que Marcel Proust dégustait de fameuses madeleines, préparées par sa tante. Ce souvenir, raconté avec sa plume dans Du côté de chez Swann, révèle avec la douceur de l’enfance, l’amour des choses simples. La madeleine avait un effet immédiat chez Marcel, puisqu’elle lui rappelait aussitôt tous ses souvenirs d’enfance.

Reconsitution de la Madeleine de Proust dans la maison d'Illiers-Combray © PatrickForget Sagaphoto

L’expression française « la madeleine de Proust » est née dans cette maison d’Illiers-Combray, aujourd’hui transformée en musée dédié à l’écrivain. On peut encore y voir la tasse de l’écrivain dans laquelle il avait plaisir à tremper ses fameuses madeleines en forme de coquille Saint-Jacques.

Depuis plus de cinquante ans, la demeure appartient à la Société des Amis de Marcel Proust qui accueille de nombreux visiteurs. En 2021, le lieu est sélectionné par la Mission Bern et la Fondation du Patrimoine pour bénéficier de programmes de restauration.

Marcel Proust fréquente également l’église Saint-Jacques, située à quelques pas de la maison de sa tante. On peut encore admirer son majestueux clocher du XVe siècle et sa charpente en bois unique, recouverte de peintures polychromes.

Avec son oncle Jules Amiot, il se rend fréquemment au jardin du Pré Catelan, près du centre-ville et d’où l’on peut contempler les plaines de la Beauce qui s’étendent à perte de vue. En 1850, son oncle dessine ce jardin à l’anglaise qui devient Monument historique en 1999. Situé au bord d’une rivière, le parc laisse place au romantisme et au rêve. Grottes, nymphées, pavillon, kiosque et pont jalonnent la promenade au cœur d’une nature foisonnante.

Le parc du Pré Catelan © PatrickForget Sagaphoto

La Normandie et ses coins de paradis inspirants

La Normandie résume à la fois la vie et l’œuvre de Proust. Dans ses écrits, les villages y sont idéalisés ou dépeints avec réalisme.

Atteint d’asthme, ses parents l’emmènent plusieurs fois à Trouville pour y respirer « le bon air de la mer ». Dès 10 ans, il y passe plusieurs étés et séjourne dans le luxueux hôtel des Roches Noires ou bien au manoir de la famille Frémonts, qu’il connaît par son lycée. Profondément attaché à ce village de bord de mer, il puise dans ses souvenirs de vacances pour écrire La Recherche. Le manoir des Frémonts lui inspire la villa de la Raspelière dans ses romans.

Claude Monet, Sur les planches de Trouville, 1870

La ville de Cabourg, située dans le Calvados, est le lieu de villégiature privilégié de l’écrivain, de 1907 à 1914. Avec sa santé toujours fragile, il vient s’y reposer surtout l’été. Dans son œuvre, c’est sous le nom de Balbec, qu’il nomme la station balnéaire. Il décrit cette bourgeoisie qui se retrouve sur ces vastes plages et qui séjourne dans le Grand Hôtel.
Un passage de son roman À l’ombre des jeunes filles en fleurs, évoque le grand salon de l’hôtel, situé face à la mer. La chambre numéro 444, conçue exactement sur le modèle de celle de Proust, accueille toujours les passionnés.

Le Grand Hôtel de Cabourg © Johan Allard

La Promenade Marcel Proust, est un hommage à l’écrivain qui appréciait les bords de mer de Cabourg. Longue de 3,6 kilomètres, elle est l’une des plus longues d’Europe.

La ville est soucieuse de cultiver le souvenir de Proust. Elle expose au musée de La Villa du Temps retrouvé, des collections exceptionnelles retraçant la vie d’illustres personnages ayant séjourné à Cabourg. L’épopée de la Belle Époque, âge d’or de Cabourg, y est mis à l’honneur.  

Marcel Proust puise également dans ses souvenirs de vacances à Houlgate. Les grandes villas du début du XXe siècle, aux façades pittoresques, constituent le décor de plusieurs scènes dans Sodome et Gomorrhe et À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

Marcel Proust et la vie mondaine de la Belle Époque

Portrait de Marcel Proust, peint par Jacques-Émile Blanche, 1892, musée d’Orsay

S’il fréquente les stations balnéaires de la Normandie, Proust ne manque pas de se rendre dans les autres lieux de villégiature prestigieux de son époque, comme les thermes du Mont-Dore, au cœur des monts d’Auvergne. La société bourgeoise apprécie de se retrouver dans ces stations thermales.

Il est également invité dans de nombreuses réceptions mondaines. Marcel Proust est ami avec les Cahen d’Anvers, une puissante famille française. Il participe aux somptueuses fêtes organisées dans leur château de Champs-sur-Marne, en Seine-et-Marne.

Mais, c’est à Paris que Marcel passe la quasi-totalité de sa vie

Après la mort douloureuse de son père en 1903, puis de sa mère en 1905, il quitte la rue de Courcelles où ses parents avaient aménagé en 1900. En 1906, il emménage au 102 boulevard Haussmann, dans un grand appartement.

Les murs de sa chambre sont entièrement recouverts de liège, ne laissant entrer ni air ni lumière du jour. C’est dans ce lieu hermétiquement clos, à l’abri des regards, qu’il passe ses journées à écrire La Recherche, dont l’achèvement l’obsède. De cette ambiance calfeutrée, il n’en sort qu’à la nuit tombée, pour retrouver ses amis dans les cafés et théâtres des faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré.

Dans ce Paris à l’allure moderne, récemment aménagé par le baron Haussmann, une vie littéraire et artistique s’organise. Marcel Proust fréquente notamment le Ritz et le Café Weber, aujourd’hui disparu, où se retrouvaient écrivains, artistes et journalistes de la Belle Époque. Chez Maxim’s, il retrouve son ami le compositeur Reynaldo Hahn.

Devanture Chez Maxim's à Paris © Ricardalovesmonuments

Œuvres littéraires et bourgeoisie parisienne

La comtesse Greffulhe, photographie prise par Paul Nadar en 1895

Dans son œuvre, les héros se rendent dans les cafés et restaurants de la capitale que Proust connaissait bien. Le Café Anglais, boulevard des Italiens, ou encore le Café de la Paix, près de l’Opéra Garnier, sont cités dans ses romans. Ses personnages évoluent aussi dans le quartier de la gare Saint-Lazare et du bois de Boulogne.

Près du jardin des Tuileries, la pharmacie anglaise au nom de son propriétaire, Harry Swann, donne le nom à son célèbre héros, Charles Swann.

C’est dans les salons de l’aristocratie parisienne, situés autour du parc Monceau, qu’il trouve des idées pour ses personnages. Marcel côtoie notamment les salons de la Princesse Mathilde, de Madame de Chevigné et de Madame Straus, où il rencontre Jean Cocteau. Il se rend une fois au salon de la comtesse Greffulhe qui lui inspire le personnage de la duchesse de Guermantes. Ces salons mondains lui permettent aussi de discuter avec Anatole France ou encore Robert de Montesquiou.

À Paris, les musées Nissim de Camondo et Jacquemart-André avec leurs intérieurs richement décorés, permettent de s’imaginer le faste des réceptions fréquentées par Proust.

Salon Hue au Musée Nissim Camondo

Cultiver la mémoire de Marcel Proust

Marcel Proust meurt d’une pneumonie, dans son appartement parisien du 44 rue de l'Amiral-Hamelin, le 18 novembre 1922. Son corps repose toujours au cimetière parisien du Père-Lachaise.

Au cœur du VIIIe arrondissement parisien, l’Hôtel Littéraire Le Swann offre une immersion dans l’univers proustien. Sa vie et son œuvre sont mises à l’honneur tant dans l’aménagement de l’hôtel que dans les différents services proposés.

Une bibliothèque met à disposition ses romans, traduits dans plusieurs langues. Les noms des chambres sont ceux des personnages ou des lieux que l’on retrouve dans ses œuvres. Les cocktails et cafés sont inspirés de ceux que buvait Proust. Sa gouvernante, Céleste Albaret a laissé quelques notes écrites sur les habitudes de l’écrivain. Sur les murs, on trouve des citations de l’auteur et des frises chronologiques, parfois accompagnées d’une immersion sonore pour découvrir pleinement cette illustre figure de la littérature française.

Découvrez la carte éditée par l'Hôtel Littéraire Le Swann, pour partir sur les traces de Marcel Proust à Paris.

 

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