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Au fil du Loir : escapade dans la Haute Vallée

La Beauce, ses forêts, ses champs et le Loir : voici un tableau connu de tous. Et pourtant, la Haute Vallée du Loir n’a pas fini de vous surprendre ! Au cœur du « grenier à blé de la France », découvrez un itinéraire inédit le long du Loir, entre châteaux d’exception et villages pittoresques.

Vue sur le château de Châteaudun © Bestjobers

Le château de Villebon : forteresse médiévale ou palais de la Renaissance ?

Le reflet de Villebon dans son miroir d'eau © PatrickForget - Sagaphoto

Construit pendant la guerre de Cent Ans, le château de Villebon est une véritable forteresse de briques. Pourtant, il n’a pas tout à fait l’apparence d’un château du Moyen Âge : des fenêtres à meneaux sont percées pendant la Renaissance.
Cette adjonction modifie sensiblement l’apparence du château qui ressemble davantage à un palais qu’à une résidence défensive.
 

Maximilien de Béthune, duc de Sully, comte de Villebon, maréchal de France et conseiller d’Henri IV, acquiert la seigneurie au début des années 1610. Il y réside avec son épouse Anne de Courtenay : le couple commande le réaménagement des jardins et fait ajouter les plans d’eau autour du château. Maximilien de Béthune décède en son château de Villebon en 1641.

La famille de Pontoi-Pontcarré achète le domaine au début du XIXe siècle et fait construire une orangerie et des écuries, en parallèle d’une restauration du château.
Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, se rend à Villebon lors de sa tournée d’avril 1853. Impressionné par la qualité du bâti, il demande le classement à l’inventaire des monuments historiques. Cependant, celui-ci n’intervient pas avant 1927.

Des rois de France, comme François Ier ou Henri IV, aux présidents de la République tels le Général de Gaulle ou Valéry Giscard d’Estaing, le château de Villebon a toujours accueilli de grands hommes politiques.

Château de Villebon © PatrickForget - Sagaphoto

Illiers-Combray, sur les pas de Marcel Proust

La madeleine de Proust et sa tasse de thé © PatrickForget - Sagaphoto

Enfant, Marcel Proust passe ses vacances à Illiers, chez sa tante Léonie. Ces moments marquants de ses premières années sont relatés dans À la recherche du Temps Perdu : le village de Combray, décrit par l’écrivain dans son roman, est en fait celui d’Illiers.
En hommage, la commune prend le nom d’Illiers-Combray, 100 ans après la naissance de Marcel Proust, le 8 avril 1971.

Pour découvrir l’histoire de Marcel Proust, la maison de Tante Léonie est incontournable. Demeure de l’oncle de Marcel Proust, aujourd’hui musée dédié à l’écrivain, la Maison de Tante Léonie est typique de la région avec sa façade bourgeoise ornée de faïence.

Propriété de la Société des Amis de Marcel Proust, le musée accueille des visiteurs depuis plus de cinquante ans ! Si la maison est très bien entretenue, elle nécessite tout de même d’être restaurée. C’est pour cela qu’elle a été sélectionnée par la Mission Bern 2021 et la Fondation du Patrimoine.


La maison de Tante Léonie © Bestjobers

Offrez-vous ensuite un instant de plaisir : dégustez une madeleine, gâteau entré dans l’histoire grâce à La recherche du temps perdu de Marcel Proust. Dans Du côté de chez Swann, l’écrivain raconte le souvenir prenant des madeleines que lui préparait sa tante Léonie et qu’il se plaisait à tremper dans le thé.

Cette pause gourmande avait un effet incroyable sur Marcel Proust : elle le ramenait à l’enfance, à ses souvenirs de vacances à Illiers, aux paysages de la Beauce. Les madeleines de Proust ont une forme particulière, celle d’une coquille Saint-Jacques : on les trouve dans la pâtisserie de Maxime Beucher.

Le meilleur endroit pour goûter aux madeleines est sans conteste le parc du Pré Catelan qui constitue une véritable bouffée d’air frais à deux pas du centre-ville. Ce jardin à l’anglaise, classé Monument historique depuis 1999, est dessiné en 1850 par l’oncle de Marcel Proust, Jules Amiot.

Jalonné de constructions romantiques comme les grottes, nymphées, le pavillon ou le kiosque, le parc du Pré Catelan s’organise autour d’une rivière traversée par un pont. Le Pré Catelan est une ode à la nature : on y trouve des arbres et végétaux remarquables, dont une belle collection d’aubépiniers.

Le parc du Pré Catelan © PatrickForget - Sagaphoto

Bonneval, petite Venise de Beauce et cité médiévale

Bonneval © Bestjobers

Votre séjour en Eure-et-Loir se poursuit dans la charmante ville médiévale de Bonneval. La cité peut se visiter à pied ou au cours d’une promenade en bateau électrique, moyen original de découvrir la cité, entourée de canaux.

Deux circuits vous sont proposés, l’un dure une demi-heure, l’autre une heure. Le premier vous permet d’apprécier l’ensemble des monuments remarquables de la ville, le second vous permet de prolonger le voyage hors des remparts et de découvrir la nature bucolique autour de Bonneval.

Après avoir embarqué à la capitainerie de Bonneval, dirigez-vous vers le lavoir du village. Daté du début du XIXe siècle, il est modifié en 1851, selon les instructions de la loi sur hygiène. Le lavoir est, au-delà de sa fonction pratique, un lieu de sociabilité entre femmes, à l’instar du café du village pour les hommes.

Naviguez ensuite vers les murs d’enceinte de l’ancienne abbaye Saint-Florentin. Cette abbaye bénédictine, fondée en 857 par le chevalier Foulques, abrite aujourd’hui un hôpital psychiatrique.

L’itinéraire vous conduit ensuite à la maison du Cheval Blanc, édifiée au XIIIe siècle, sur un mur fortifié. La reine Marguerite de Valois y a séjourné. L’historien Albert Sidoisne, propriétaire de la maison au XXe siècle, fait construire un splendide oriel en bois, visible depuis les canaux.


Les canaux avec vue sur l'oriel de la maison du Cheval Blanc © PatrickForget - Sagaphoto


Une fois la maison passée, votre promenade se poursuit dans les fossés navigables de l’enceinte médiévale de la ville, nommés fossés Saint-Jacques : ce sont eux que vous empruntez désormais.

Les fossés Saint-Jacques permettent d’admirer le logis des Trois Marchands : cet édifice du XIIIe siècle faisait partie d’un groupement de trois bâtiments. Il a abrité, pendant la révolution, la Salle de Justice de Paix.
Le logis des Trois Marchands bénéficie d’un classement à l’inventaire des Monuments historiques. Aujourd’hui, il s’agit d’un centre culturel nommé Espace Martial Taugourdeau.

Le circuit vous emmène, après, au pied de la Tour du Roi. Fondée au XIIIe siècle, cette tour s’élève à 22 mètres. Il s’agit d’un ancien donjon appartenant à l’enceinte fortifiée de Bonneval. La Tour est surnommée la Poivrière, en raison de son toit pointu.

Non loin de la Tour du Roi, vous apercevez la tour d’angle de l'abbaye Saint-Florentin.

Bonneval © Victor Tonelli - PatrickForget - Sagaphoto

La suite de votre escapade vous entraîne sous une succession de ponts. Le premier est un viaduc en pierres de taille, construit en 1865. Ce viaduc ferroviaire permettait la liaison entre Paris et Tours. Endommagé par un bombardement le 12 juillet 1944, le pont a été reconstruit depuis.

Vous passez ensuite sous les ponts du XIIIe siècle. Le premier est le pont du Moulin, dont les quatre arches biaises enjambent le Loir sur 31 mètres de long. Le second est le pont de Boisville, un peu plus long que le précédent. À l’origine, l’une des rives était séparée de l’ouvrage par un pont-levis : ce n’est qu’en 1774 qu’une cinquième arche est rajoutée pour relier les deux constructions.

Avant la fin de votre itinéraire, prenez un instant pour admirer la porte Saint-Roch qui date du XVe siècle. Son portail, semi-circulaire, est entouré de deux tours défensives. 

À l’issue de votre aventure sur le Loir, vous vous trouverez dans un cul-de-sac. En effet, le Pont Hérisson marque la fin du circuit puisqu’il est impossible de le franchir par les flots. Il trône à la place d’un pont médiéval en pierre. Toutefois, cet arrêt offre un point de vue sur l’ancien clocheton de l’église gothique Notre-Dame. 

Le circuit de trente minutes vous laisse le temps d’admirer le lavoir ; les murs d’enceinte de l’ancienne abbaye Saint-Florentin ; la maison du Cheval blanc ; le passage des fossés Saint-Jacques ; le logis des Trois Marchands, à la tour du Roi ; la porte Saint-Roch ; le pont Hérisson et l’ancien clocheton de Notre-Dame.

Une promenade dans les rues de Bonneval © PatrickForget - Sagaphoto

Châteaudun, premier des châteaux de la Loire

Château de Châteaudun © PatrickForget - Sagaphoto

Le spectaculaire château de Châteaudun est considéré comme « le premier des châteaux de la Loire » par sa position géographique.  Châteaudun domine la vallée du Loir de sa superbe architecture, mélange de styles médiéval, gothique et Renaissance.

Son donjon, très bien conservé, est construit au XIIe siècle par le comte de Blois, Thibaud V. Il culmine à 31 mètres de haut et témoigne de l’importance de la place forte de Châteaudun. 

En 1450Jean de Dunois d’Orléans, compagnon favori de Jeanne d’Arc, devient propriétaire du château. Il engage alors de nombreux travaux : il fait construire une nouvelle aile, nommée aujourd’hui « aile Dunois », ainsi qu’une Sainte-Chapelle gothique afin d’accueillir un fragment de la Sainte-Croix.

Château de Châteaudun © PatrickForget - Sagaphoto


L’aile Dunois témoigne du faste des repas organisés au château : les cuisines sont immenses et on y trouve plusieurs cheminées imposantes, surmontées de voûtes d’ogives. C’est également à cette époque que le jardin suspendu est aménagé. Les travaux entrepris par Jean d’Orléans s’achèvent en 1468.

Une nouvelle aile est construite au XVIe siècle, dans un style Renaissance. L’aile Longueville, du nom des descendants de Jean de Dunois, fait face à la partie gothique. On peut y admirer des salons d’apparat ainsi que les appartements de la famille de Longueville. Cette aile abrite une collection de tapisseries d’Amiens, de Paris et de Bruxelles.

Château de Châteaudun © Bestjobers

Le domaine du château de Montigny-le-Gannelon, de la Renaissance au XIXe siècle

L'intérieur du château de Montigny-le-Gannelon © PatrickForget - Sagaphoto

La dernière étape de ce voyage dans la Haute Vallée du Loir est toute proche de Châteaudun : il s’agit du domaine du château de Montigny-le-Gannelon. 

Si la construction de ce château remonte au Xe siècle, il ne reste plus rien de la forteresse primitive.

Jacques de Renty, propriétaire du château au XVe siècle, fait reconstruire un château sur les bases de la première forteresse qui tombe en ruine. De ce château édifié en 1495, il ne reste que deux tours de style renaissance : celle des Dames et celle de l’Horloge. 

La famille de Montmorency-Laval rachète le château au XVIIIe siècle : commencent alors de nouveaux travaux. Un pavillon comportant les armoiries de la famille ainsi que sa devise, « Dieu aide au second chrétien Levis », voit le jour en 1834.
Ce nouveau bâtiment reflète l’importance de Anne-Adrien-Pierre de Montmorency-Laval, duc de Laval et de San Fernando Luis, ambassadeur de France sous Louis XVIIIe et Charles X.


Le château de Montigny-le-Gannelon, façade côté Loir © David Cholley

Sa fille, Charlotte de Montmorency-Laval, épouse le marquis de Lévis-Mirepoix, Athanase Gustave Charles Marie. Le comte et la comtesse Sigismond de Lévis, qui héritent du domaine, font appel à un élève d’Eugène Viollet-le-Duc, Clément Parent, pour remanier la façade Est dès 1879.
Ils font également bâtir un manège en 1893, classé Monument historique.

Le château compte également un cloître clos au XIXe siècle qui réunit les deux tours de la Renaissance. Une orangerie, restaurée au XXe siècle à la suite d’un incendie, est attenante au château.

Réservez votre billet pour la visite du château de Montigny-le-Gannelon en ligne !

Le château de Montigny-le-Gannelon, façade côté jardin © David Cholley

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