Plus Beaux Détours de France 2

La tour Jean-sans-Peur

Un exemple d'architecture médiévale disparue : le pont au meuniers et les habitations sur pont

Paris est mondialement connue pour son architecture Haussmannienne et ses grands boulevards qui ont inspiré nombre d’urbanistes depuis la fin du XIXe siècle. Mais lorsque les travaux débutent en 1853, la ville possède encore l’aspect d’une cité médiévale avec son foisonnement de ruelles étroites et parfois peu sûres. Pour faire de la capitale française la ville la plus moderne de son temps, décision est prise d’abattre anciens immeubles et maisons par centaines.

Nombre d’édifices datant de la Renaissance et parfois même du Moyen Âge sont détruits pour donner à Paris l’aspect qu’on lui connaît de nos jours.

La révoltes des Cabochiens en faveur du duc de Bourgogne en 1413

Aujourd’hui, il ne reste plus que de rares traces de ce passé antérieur au XIXe siècle dont le plus important témoignage est sans doute la tour Jean-sans-Peur.

Édifiée entre 1409 et 1411 par Jean Ier de Bourgogne (1371-1419), cette tour sert à défendre le palais des ducs, contre les régulières insurrections parisiennes.

En effet, plongée en pleine guerre de Cents Ans (1337-1453) la capitale du royaume de France est déchirée par la guerre civile opposant le parti des Armagnacs (pro Français) à celui des Bourguignons (pro Anglais).

Durant cette période de troubles, la ville change régulièrement de maîtres au gré des émeutes et des assauts militaires. C’est donc en toute logique que le duc de Bourgogne fait fortifier son palais personnel afin de se prémunir contre les mouvements de foule meurtriers. 

La confiance du duc envers les parisiens est telle que la chambre de son valet est la réplique exacte de la sienne, une astuce qui peut s’avérer utile en cas de tentative d’assassinat.

La clé de voûte de l'escalier

Du haut de ses 27 mètres, la Tour Jean-sans-Peur est le plus haut édifice civil de Paris. En se faisant bâtir un hôtel particulier au summum du raffinement architectural de son temps, mais également en l'élevant plus haut que les autres, le duc de Bourgogne affirme aux yeux de tous sa puissance et son emprise sur la ville. La finesse des décors et notamment de la clé de voûte de l'escalier, témoignent de cette ambition politique.

Après la mort du duc en 1419, l’hôtel reste dans la famille de Bourgogne jusqu’à l’extinction de la lignée en 1477.

Après cette date, les lieux sont progressivement laissés à l’abandon jusqu’à ce que François Ier ordonne la destruction de l’hôtel, exception faite de la tour et d’un logis. En 1518 elle est occupée par les Confrères de la Passion, une troupe de théâtre organisant des spectacles religieux, avant de leur être retirée et de retomber dans l’oubli.

C’est lors du percement de la rue Étienne-Marcel en 1866-1868, que l’on redécouvre la tour. Elle est alors classée au titre des Monuments Historiques.

La tour lors du percement de la rue Etienne Marcel vers 1877


La tour Jean-sans-Peur dans son état actuel

Depuis 1999, l’association des amis de la Tour Jean-sans-Peur œuvre pour faire connaître ce monument au grand public et organise des visites de cet édifice offrant un panorama peu connu sur Paris à retrouver ici.

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