La Route du Sel de Fécamp à Sète en passant par Terre-Neuve

Le port de Sète fête ses 350 ans cette année. Nous vous faisons découvrir une page méconnue de son histoire qui a pourtant favorisé son développement au XIXe siècle.
Ce voyage débute à Fécamp, où trois groupements d’armateurs sétois ont armé des bateaux pour pêcher la morue au large de Terre-Neuve. Fécamp est, en effet, réputée pour ses marins : les Terre-Neuvas.


Le port de Fécamp par Jules Achille Noël,1877, musée national de Nevers.

Après la saison de pêche en Terre-Neuve, les bricks et autres trois mâts ne revenaient pas à Fécamp, mais descendaient jusqu’à Gibraltar, "embouquaient" dans le détroit, longeaient la côte espagnole et arrivaient à Sète pour décharger leur précieuse marchandise : la morue. 

La région de Sète était riche en sel. C'est pourquoi le poisson y était salé et séché. La brandade, préparée avec la morue séchée, est d’ailleurs un plat régional bien connu.


Anciens marais salants de l'étang de Tau face à Sète

Les bateaux repartaient ensuite vers Fécamp, les cales remplies de sel et de vin du Languedoc. Ce sel servait non seulement au premier salage des morues, lorsqu’elles venaient d’être péchées, mais aussi au commerce. Il était réexpédié depuis le port normand dans tout le nord de la France.


Tonneaux prêts à être embarqués sur le quai de Sète

Les trois groupes d’armateurs qui ont permis ce commerce sont, les Bailles et Fils, l’association Nègre-Cousin-Michel et la famille Comolet.

En 1855, ces 3 armateurs possèdent ¼ de la flotte fécampoise. Ils arment bricks et trois mâts ( baptisés « Victoria », « Christophe Colomb », « Avenir » ou encore « Montpeyroux » du nom du village d'où est originaire la famille Comolet ).

Malgré une crise due à la raréfaction des bancs de cabillauds, au début des années 1860, le commerce prospère jusqu’à la guerre de 1870 qui marque un coup d’arrêt.
Les armateurs tentent de résister  pour maintenir le trafic à flot, mais il rentre dans un déclin définitif.


Brick morutier partant du port de Fécamp

Le développement des chemins de fer vers l’Ouest entraîne un développement des sécheries et de l’activité portuaire de Bordeaux au détriment de Sète. Les sécheries du port héraultais sont alors ruinées tout comme les armateurs.
Les derniers navires sétois de Fécamp sont désarmés en 1890.

Sur les traces de la Route du Sel :

Du 22 au 28 mars 2016 est organisée « Escale à Sète », la fête des traditions maritimes, placée cette année sous le signe du 350e anniversaire du port. Pour l’occasion, de nombreux bateaux et anciens gréements seront présentés au public.


"Escale à Sète" édition 2014

Parmi eux, deux morutiers accosteront en souvenir de cette épopée locale dont Le Marité, dernier terre-neuvier français encore en navigation.

Pour en savoir plus sur Escale à Sète.

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