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Sur les pas de Madame de Pompadour

Indissociable du règne de Louis XV dont elle est la maîtresse célèbre et passionnée, Madame de Pompadour a aussi marqué le XVIIIe siècle par son goût pour les arts, les lettres et par son sens politique accru

À travers les lieux qui ont jalonné sa vie, découvrez le parcours d’une femme étonnante, que rien ne destinait à devenir l’influente mais discrète conseillère du roi

Une enfant du Paris mondain du XVIIIe

Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, par François Boucher

Jeanne-Antoinette Poisson voit le jour en 1721 au cœur de Paris. Son père, écuyer du Régent, est une figure importante de la bourgeoisie parisienne, sa mère est issue de la petite noblesse.

La petite Jeanne-Antoinette connaît une enfance mouvementée. Son père est exilé et elle est aussitôt envoyée au couvent des Ursulines de Poissy.

Quand elle atteint dix ans, la fillette retourne vivre auprès de sa mère à Paris, dans l'actuel 1er arrondissement, en compagnie de l’amant de celle-ci, un financier parisien très influent. 

 

 

La Lecture de Molière, vers 1730, par Jean-François de Troy

Sa mère veille à ce que Jeanne-Antoinette reçoive une éducation soignée et complète. Elle s’intéresse à la littérature, aux arts et à la rhétorique. Il apparaît très vite que la jeune fille est douée d'un esprit vif et d'une intelligence perçante. Ce seront ses meilleures armes. 

À tout juste vingt ans, Jeanne-Antoinette épouse le neveu de l’amant de sa mère, Charles Le Normant d’Etiolles, dont la place de choix dans la bourgeoisie parisienne lui ouvre les portes des cercles mondains. La jeune femme fréquente les milieux lettrés, les salons et organise même des représentations théâtrales et des rencontres dans son domaine d’Etiolles. Elle commence alors à être remarquée, pour sa beauté et son esprit, par certains proches du roi. 

De maîtresse à confidente de Louis XV

Portrait de Louis XV, par Van Loo

C’est à l’été 1743, au cours d’une partie de chasse, que Mme d’Etiolles retient l’attention du monarque. On murmure partout que son beau-père et sa famille l’ont placée opportunément sur le chemin du roi afin d’obtenir un retour en grâces... 

Ce qui est sûr, c’est que Louis le Bien-Aimé s’éprend follement de cette jeune et intelligente Parisienne qui n’a rien à voir avec les courtisanes. 

Il installe Jeanne-Antoinette dans un petit appartement au cœur du château de Versailles, relié au sien par un escalier secret pour faciliter leurs entrevues. Deux ans plus tard, en 1745, le roi la nomme officiellement maîtresse-en-titre et lui offre le château de Pompadour, en Corrèze, l’élevant ainsi au rang de marquise

 

 Château de Pompadour en Corrèze

Madame de Pompadour, par François-Hubert Drouais

Tout semble sourire à la jeune et jolie favorite qui obtient force faveurs pour sa famille. Elle a même son mot à dire en matière de politique, mais elle se heurte à l’animosité ambiante de la cour et de la famille royale à son encontre.

Non que la marquise leur soit désagréable, au contraire, elle s’efforce de rester discrète, polie et avenante, mais elle a le défaut impardonnable d’être une roturière.

Cependant, Madame de Pompadour avec son caractère bien trempé et son intelligente fine, sait que tant que le roi la protège, le mépris des autres n’est rien pour elle.  

Au début des années 1750, la marquise de Pompadour et Louis XV cessent toute liaison amoureuse, mais demeurent très proches. Jeanne-Antoinette n’est plus la maîtresse officielle, cependant elle reste la grande amie, confidente et conseillère du roi et jouit d’une position tout aussi, si ce n’est plus, confortable. 

 

Commence alors véritablement la période de son “règne”. En effet, la marquise occupe une place de confidente politique auprès du roi, que beaucoup lui envient. Après avoir œuvré pour le mariage du dauphin avec Marie-Josèphe de Saxe, elle conseille au roi de s’allier avec l’Autriche contre la Prusse. Aux côtés du duc de Choiseul, elle s’intéresse de près à la Guerre de Sept Ans. 
Elle attise également la jalousie, et devient la cible de pamphlets virulents et d’intrigues politiques

La protectrice des arts

Madame de Pompadour s’impose peu à peu en protectrice des arts à la cour. Affectionnant l’architecture, elle redécore entièrement l'hôtel d’Evreux, actuel Palais de l’Elysée, que le roi lui a offert. Elle est également à l’initiative de l’ouverture de la Manufacture de porcelaine de Sèvres et de l’aménagement de la Place Louis XV, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Place de la Concorde.

Plan de l'hôtel d'Evreux, vers 1737

Le château de Saint-Ouen

Parmi d’autres nombreuses résidences, elle s’entiche du château de Saint-Ouen, qu’elle n’habite pas mais qu’elle restructure et rénove avec goût. Ce vrai bijou d’architecture XVIIIe est souvent perçu comme le symbole de sa réussite sociale et politique

La marquise n’a pas non plus oublié ses débuts dans les salons littéraires et se lie d’amitié avec Denis Diderot et Jacques d’Alembert. Ambassadrice de leur projet scientifique, elle encourage la publication de l’Encyclopédie; puis soutient aussi de nombreux écrivains parmi lesquels Voltaire, Malesherbes et Crébillon

Le Petit Trianon, un cadeau de son aimé

Le Petit Trianon, au coeur du domaine de Versailles

Le projet du Petit Trianon naît dans l’esprit de Jeanne-Antoinette dès 1750 : elle souhaite un bâtiment original, au centre d’une perspective moderne.
Par cette construction, elle espère également tirer le roi de l’ennui qui le mine et qui met en danger sa position de favorite. Ce dernier, enthousiasmé, fait d’abord dessiner les jardins et le potager, avant d’ordonner la construction de ce petit château au cœur du parc de Versailles en 1758. Il désire l’offrir à son amie qui a tant rêvé de ce pavillon. 

Mais, au bout de vingt ans de travail politique, qui lui ont valu le surnom de Premier Ministre, et d’intrigues politiques et familiales, la marquise de Pompadour, épuisée, attrape la dangereuse tuberculose. Ayant lutté vaillamment contre la maladie, elle s’éteint le 15 avril 1764 à Versailles, sans avoir vu son Petit Trianon achevé. 

Louis XV ne peut, selon l’étiquette, assister à la cérémonie funèbre de sa maîtresse, mais on raconte qu’il a suivi le dernier voyage de sa chère marquise depuis son balcon, pour rendre hommage à celle qui a partagé ses plaisirs, mais aussi ses soucis politiques, et qui a su faire de ses années à la cour une aubaine pour les arts, tout en sachant rester discrète et amène. 

 

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    Patrivia