Je redécouvre la France avec le Pass Patrimoine

Rencontre avec Julien Marquis : Chasseur de Châteaux !

Amoureux des châteaux depuis sa plus tendre enfance, Julien Marquis vient de lancer sa nouvelle structure, Chasseur de Châteaux, véritable boîte à outil pour accompagner ceux qui souhaitent se lancer dans la vie trépidante de châtelains actifs. Rencontre :

 

Doù cette passion pour le patrimoine vient-elle ? Quel lieu ta le plus marqué ?

C’est une passion ancienne, qui remonte à l’enfance. Déjà petit, à l’âge de 8 ans, je m’intéressais à l’histoire, aux fouilles archéologiques, aux châteaux cathares, etc… Puis à 12 ans ce fût le choc de la rencontre avec un château en ruine. Découvrir un tel monument, a vraiment été bouleversant. Après plusieurs heures de visite avec un guide passionnant, je me souviens avoir annoncé fièrement à ma mère : « plus tard je ferai ça » ! Déjà à l’époque, j’étais un peu éloigné de la réalité ;)…

Le château de Druynes-les-Belles-Fontaines dans l'Yonne

Pourtant la découverte des châteaux me passionne, j’y vis à chaque fois la même sensation. Le château de Druyes-les-Belles-Fontaines dans l’Yonne est une première découverte. Ce château construit pendant le règne de Philippe Auguste a été sauvé par une association il y a plusieurs dizaines d’années, celle-ci n’a eu de cesse que d’essayer de faire revivre le lieu avec des spectacles, des visites, des animations, etc… Une vrai expérience pour moi que de voir renaître ce monument ruine….

À quelques kilomètres de là, le château de Saint-Fargeau, a également été un source d’inspiration et notamment Michel Guyot, son propriétaire et l’énergie qu’il a mise en œuvre pour faire revivre son château.

Les châteaux sont des lieux qui doivent vivre et peuvent accueillir tellement de projets différents.

Quel est ton parcours ?

Après des études d’histoire et un inventaire d’habitats fortifiés, je prends conscience que ces grandes bâtisses manquent terriblement de quelque chose : un usage.

Julien Marquis, fondateur de Chasseur de Châteaux

Trouver un usage aux monuments en péril, voilà une mission ! Plus j’ai pu visiter des lieux abandonnés, plus j’ai eu le sentiment que cette mission était importante, centrale, pour ne pas voir disparaître des lieux chargés d’histoire mais aussi des lieux idéaux pour créer des projets.

A partir de là, j’ai presque tendance à dire que tout cela est devenu un sacerdoce ! Ma vie s’est consacrée à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine et en même temps à la rencontre et à la découverte de centaines de châtelains à travers la France.
Presque une étude sociologique ;)

Je suis moi-même devenu propriétaire d’un monument auquel j’ai redonné vie ! Loin des châteaux, j’ai créé une association qui s’appelle ADOPTE UN CHATEAU et qui accompagne de nombreux monuments en grand péril et qui a porté des projets très importants autour de la sauvegarde du patrimoine.

Comment Chasseur de Châteaux est né, que proposes-tu exactement ?

Après plusieurs expériences dans le domaine de la gestion de châteaux, mon expérience personnelle et de nombreuses rencontres avec des passionnés m’ont fait comprendre que le patrimoine c’est le futur de nos territoires et qu’il est nécessaire d’accompagner tous ces projets dans leur développement.

De nombreux contacts avec des passionnés souhaitant « sauter le pas » et se lancer dans un projet fou m’ont fait comprendre qu’il y avait un très grand besoin de conseil et d’accompagnement.

« Chasseur de châteaux » s’est alors imposé à moi ! Le nom vient d’un reportage/portrait de TF1 : « Julien, chasseur de châteaux ». J’avoue que le titre m’a beaucoup plu et était complètement en phase avec un projet global qui commençait à germer dans ma tête.

De plus, après de nombreuses aventures collectives ou pour le compte d’autres personnes, j’avais envie de porter un projet entrepreneurial. Même si j’ai déjà été chef d’entreprise, je dirais que Chasseur de châteaux c’est l’aboutissement de 20 ans d’expériences, de difficultés, de rencontres, de challenges mais aussi de désillusions, par exemple en travaillant pour certains acteurs qui n’en avaient rien à faire du patrimoine.

Tout cela m’a construit, rendu plus fort, plus visionnaire sur ce qu’il faut faire de notre patrimoine ! Renforcé aussi dans l’idée d’aller dans le même sens que les grands acteurs du secteur : comme la Fondation du Patrimoine, Stéphane Bern mais aussi les acteurs dont le positionnement et les valeurs sont proches des miens : Patrivia, Alfran ou Châteaux et Histoire, et tant d’autres...

Chasseur de châteaux c’est donc plusieurs axes de travail :

Loin d’être une agence immobilière, notre crédo c’est de trouver le bon bien pour la bonne personne et le bon projet. Pour cela nous travaillons avec l’agence Denniel, je suis agent commercial en immobilier chez eux. Mais l’idée c’est avant tout de créer des projets avec ceux que j’appelle les néo-châtelains, ceux qui veulent se jeter dans l’inconnu (pas pour tout le monde).

Mais chasseur de châteaux c’est aussi une grosse boîte à outils pour tous les monuments et l’idée est de concevoir des projets « clé en main » pour toute sorte de demande. Nous commençons à avoir pas mal de talents dans notre équipe que ce soit en valorisation et développement touristique, médiation, mais aussi en AMO (assistance à maitrise d’ouvrage) pour les travaux, en création d’expositions, ou même en gestion et développement des réseaux sociaux, ce sont des indépendants que nous avons sélectionnés et avec qui nous sommes heureux de travailler.

Autant dire que si vous avez un château, que vous voulez en faire autre chose qu’une résidence de famille, chasseur de châteaux est le prestataire pas encore incontournable mais presque ;)

Peux-tu nous parler de tes premiers châteaux ?

Il est toujours difficile de parler des premiers monuments sur lesquels on travaille. Le patrimoine reste un monde discret et quand on parle de développement économique c’est là aussi compliqué.

Mais les premiers châteaux que nous allons mettre à la vente sont des sites étonnants, nous aurons notamment dès le mois de février un château qui appartient à la même famille depuis le XIVème siècle et qui ne, demande qu’a trouver un nouveau propriétaire pour poursuivre l’aventure. Très bien entretenu, il ne demande qu’à trouver la petite étincelle qui lui permettra de briller.
Ou cet autre château beaucoup plus atypique situé dans le Lot, racheté dans les années 1970, il a été studio de musique, lieu de retraite spirituel, auberge, chambre d’hôtes. Les propriétaires actuels ne veulent qu’une chose: voir perdurer leur projet et continuer dans l’esprit de ce qu’ils ont fait ! Ce n’est pas toujours évident mais c’est un super challenge !

Et puis il y a tous ces projets qui me permettent de continuer à sortir des sentiers battus : ce projet pour transformer un ancien bâtiment en éco-sysème avec des artisans formidables et puis il y a tous ces châtelains que l’on va faire découvrir par le biais de vidéos et de reportage. C’était aussi un des grands challenge de cette aventure, pouvoir faire découvrir mon quotidien incroyable auprès de nombreux châtelains.

Faut-il forcément être riche pour devenir propriétaire de château ?

Le pitch de départ c’est de dire que pour le prix d’un petit appartement parisien, on peut tout quitter et vivre la vie de châtelain quasiment partout en France ! C’est une réalité, après tout dépend de comment on voit la vie de châtelain.

Ceux que je connais et qui vivent au quotidien leur monument, ont une vie de chef d’entreprise assez éloignée de celle du « châtelain » comme on l’imagine !
Aujourd’hui pour faire vivre son projet et éviter qu’il tombe en ruine, il faut travailler parfois plus que de raison.

C’est aussi toute l’importance de notre activité de conseil et d’accompagnement : imaginer tous les scénarios et surtout éviter une chose, que le rêve se transforme en cauchemar.
Nous avons vu tellement de projets partir sur un coup de tête, sur un château acheté sur Le Bon Coin, sur des certitudes plus que sur des questionnements.
Pourtant acheter un château, c’est comme pour la création de n’importe quelle entreprise : qui aujourd’hui créé son entreprise sans demander conseil à des professionnels ?!

Comment fait-on vivre un château aujourdhui ?

La chance des châteaux, c’est d’être des supports pour de nombreux projets, il existe beaucoup de possibilités pour le faire vivre, mais encore faut-il mettre en place les bons outils, réfléchir les bons parcours de visite par exemple, former les guides, etc.

Mais beaucoup de projets mixent aussi projet de vie (lieu d’habitation) et projet « commercial », il faut donc savoir organiser les choses pour pouvoir créer une petite entreprise viable.

Après il existe de nombreuses façons de faire vivre son monument et nous travaillons sur des projets croisés entre nouvelles formes de tourismes, activités autour d’entreprises, d’artisans, les châteaux sont de véritables lieux de rencontre et d’émulation.

Quel serait le château idéal pour Chasseur de Châteaux ?

Le château idéal, c’est d’abord celui où il n’y a pas de travaux urgents, c’est bien là toute la problématique de ce genre de lieu. Prendre du retard ou mal phaser son programme de travaux. Le château idéal est donc celui où les travaux se font au fur et mesure et sans surprise.

Mais pour rêver un peu, le château idéal c’est peut-être celui où l’on pourrait développer un projet qui mêle à la fois tourisme responsable, projet en agricole pour atteindre une autonomie alimentaire et pourquoi pas une autonomie énergétique (sans éolienne bien sûr).

 

Pour tout savoir sur Chasseur de Châteaux c'est par ici

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Commentaires

    Patrivia