Cet Ete je visite la France

Miss France 2020 répond à J'aime mon patrimoine !

Lundi 24 février 2020, l'équipe de J'aime mon patrimoine est allée à la rencontre de Clémence Botino, Miss France 2020. L'étudiante en histoire de l'art s'est d'abord prétée à un jeu de questions réponses rapides, avant d'échanger plus longuement sur son intérêt pour le patrimoine, l'histoire de la mode et la cause qui lui tient à coeur : le dialogue entre les générations !

Interview de Clémence Botino, Miss France 2020 :

Je m'appelle Clémence Botino, j'ai été élue Miss France 2020 et initialement j'étais étudiante en histoire de l'art, en master, et spécialisée en histoire de la mode.

Comment est né votre intérêt pour l'histoire, l'art et le patrimoine ?

J'ai fait une classe prépa littéraire et je me suis spécialisée en histoire déjà à ce moment-là parce que ça m'intéressait tout simplement.
Parce que j'ai trouvé que dans les études supérieures, la façon d'étudier l'histoire elle est complètement différente de celle du lycée.

Je me suis beaucoup intéressée à l'histoire des sociétés, je trouvais que c'était un aspect qu'on n’étudiait pas du tout et pourtant à l'époque, il y avait des gens normaux qui évoluaient, qui s'aimaient, qui dansaient, qui mangeait et j'ai trouvé ça complètement fascinant. C'est pour ça que j'ai choisi d'approfondir cette question.

Parlez-nous de vos recherches sur l'histoire de la mode des Caraïbes ?

En fait, l'histoire de la mode c'est tout nouveau. Il y a très peu d'étudiants qui l'étudient et d'ailleurs, il y a très peu de facultés qui étudient cette question en France.

Je me suis posé la question, il y a des choses qui se font aux Antilles, je connais des créateurs, je sais que nous avons des associations qui entretiennent et gardent les savoir-faire, qui transmettent ces traditions aux jeunes femmes et j'avais envie d'essayer de comprendre ce que signifiait le costume traditionnel aux Antilles. Donc voir le contraste entre le costume qu'on a aujourd'hui et le costume qui existait au XVIIe et au XIXe siècle, et au fur et à mesure, trouver des sources. Trouver déjà des directeurs qui sont très emballés sur cette question. Il y a énormément de choses qui se font.

Je pourrais en parler pendant des heures, des tableaux que j'ai vus. Parce qu'il y a des artistes, comme Brunias, qui justement peignaient les femmes à cette époque, donc il y a un peu de tout, mais c'est un grand néant, j'ai envie de dire, dans lequel il faut mettre un petit peu d'ordre.

Qu'est ce qui vous a poussée à vous présenter à Miss France ?

C'est complètement différent de mes études, mais c'était quelque chose qui me tenait vraiment à cœur.
Je ressentais vraiment le besoin de le faire, si je ne le faisais pas, j'allais le regretter. Je me suis laissé guider, j'ai commencé à m'entraîner tôt, à me préparer et j'ai suivi mon instinct et ça m'a menée jusqu'à Miss France.

Comment vos fonctions vous permettent-elles de mettre en avant le patrimoine ?

Être Miss France, c'est faire le tour de France, à la fois culinaire, artistique, culturel !
C'est vrai que je suis tout le temps invitée, j'assiste tout le temps à des événements très intéressants : je vais aller au Salon de l'Agriculture, je suis allée assister au dernier défilé de Jean-Paul Gautier, qui appartient complètement à notre histoire et à notre patrimoine.
À chaque fois, c'est une façon de montrer un aspect de la culture française et de le valoriser. Avec les gens qui me suivent, c'est l'occasion d'en parler dans la presse, donc je suis une ambassadrice et je pense que je participe au rayonnement de la France.

Un thème particulier pour sensibiliser vos interlocuteurs ?

Comme j'ai ce rapport avec l'histoire, c'est vrai que j'ai beaucoup parlé de ce rapport entre les générations. Je pense que la transmission orale c'est quelque chose d'essentiel.
On n’en a pas forcément conscience mais nos grands-parents je les vois vraiment comme des archives. Je sais qu'en discutant avec mes grands-parents, j'ai appris énormément de choses sur la Guadeloupe du XXe siècle. Je me rends compte à quel point leur vie était différente de la nôtre.
Je pense qu'on a cette chance d'avoir des proches qui ont vécu l'histoire, qui la portent en eux et c'est pour moi important de le rappeler aux jeunes, parce qu'on est dans une société ou l'essentiel s'effrite un petit peu, et c'est important de leur faire cette piqûre de rappel.
Donc essayer de montrer que nos grands-parents, les aînés, ne sont pas forcément obsolètes, et ils ont énormément de choses à nous partager. Ils savent aussi conserver nos archives et ça, je pense que les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas suffisamment appris à reconnaître une archive et c'est important aussi.

Soutenez-vous des actions particulières en faveur du patrimoine ?

À titre personnel non, après, j'ai toujours considéré que déjà en étant étudiante en histoire c'est essayer d'alerter, de parler d'autre chose. Je sais qu'il n'y en a pas beaucoup dans mon entourage.
J'ai fait des études littéraires, j'ai eu un bac scientifique donc c'est vrai que j'étais un petit peu celle qui allait fouiller dans les greniers de mes grands-parents, ramener des vieilles photos, leur dire, mais vous ne pouvez pas laisser ça dans le garage ça prend l'humidité, faut en prendre soin !
J'ai du mal à comprendre pourquoi, à l'échelle, même familiale, on ne prend pas plus soin des vieux coussins de grand-mère, des vieux meubles qui ont surement beaucoup d'années. Et déjà essayer à l'échelle, même personnelle, d'en parler, d'inciter les gens à protéger tout ça, je le vois déjà comme une petite action.

Une rencontre en particulier qui vous a marquée ?

Être Miss France, c'est faire des rencontres au quotidien. Est-ce que j'ai eu une rencontre clé qui m'a marquée, plusieurs ? C'est difficile pour l'instant.
Il m'a fallu du temps avant de réaliser ce que je vivais. Parce que du jour au lendemain je me mets à rencontrer des personnalités que je voyais à la télé. Je suis très tournée art et musique, notamment, et c'est vrai que je n'ai pas encore rencontré les artistes qui me tiennent particulièrement à cœur.
Mais en dehors des personnalités, je dirais plus des instants et l'instant qui restera dans mon cœur, c'est celui où je suis rentrée en Guadeloupe. Mon grand voyage retour, ça c'est quelque chose. J'avais l'impression d'être acclamée par la population et ça c’était juste mémorable !

Que souhaitez-vous faire après Miss France ?

C'est très difficile d'y répondre. Je serais tentée de dire que j'ai envie de reprendre mes études parce que mes professeurs m'ont soutenue, mes directeurs de recherche. Quand je leur avais expliqué que je partais pour Miss France, ils m'avaient dit "Mais vous pouvez revenir après Miss Univers, il n'y a pas de problème", donc j'ai leur soutien.
Mais c'est vrai que j'ai envie de reprendre mes études parce que j'avais cette envie, presque cette vocation, d'être Miss et peut-être Miss France. Mais j'ai aussi cette partie : histoire, patrimoine, profondeur. Je pense qu'on a besoin de fond, et j'ai vraiment besoin de fond dans ma vie et c'est ce que je retrouve avec l'histoire et le patrimoine.

Donc j'aurais aimé reprendre mes études, reprendre mon master et c'est vrai que comme les 100 ans de Miss France approchent, je me dis, pourquoi pas travailler sur cette question ? Essayer de voir ce qui peut éclore d'une recherche autour des 100 ans de Miss France, quelles rencontres je peux faire.
Vous savez- quand j'étais en Guadeloupe, quand j'étais candidate à Miss Guadeloupe, ma grand-mère m'a présenté une dame, une amie à elle qui a été élue Miss Guadeloupe en 1956. C'est une dame que je connais et qui avait conservé son écharpe de l'époque et sa robe qu'elle a portée le soir de son élection. C'est assez impressionnant de se dire que j'avais une robe qui a 60 ans mais qui était hyper bien conservée. Je me dis ça c'est fabuleux !
Si toutes les femmes qui ont participé de près ou de loin à ce genre d'émission, d'élection etc.. il y a des choses énormes qui peuvent en découler donc j'aurais bien aimé approfondir cette question.

Quel message voudriez-vous faire passer ?

L'histoire elle n'est pas seulement dans les livres, c'est ce qu'on a vécu, c'est ce qu'on a retenu de nos grands-parents, ce sont nos souvenirs d'enfance, ce sont des vieux papiers qu'on a écrits quand on avait 12 ans, pour X ou Y raison.
L'histoire, on la vit et je pense que c'est important de se rendre compte qu'il ne faut pas attendre qu'on crée l'histoire pour nous. Il faut se la créer soi-même et la protéger au maximum et la transmettre, c'est la base !

Que pensez-vous du Pass patrimoine et de l'accessibilité au patrimoine ?

Je pense que le Pass Patrimoine c'est quelque chose dont nos générations ont besoin. On a la chance d'avoir cet accès à la culture. Quand on a cette chance là alors que je sais que dans certains pays la culture n'est pas aussi accessible pour les jeunes, pour même les personnes en général.
Il faut se forcer à aller au musée, il faut se forcer à aller dans des lieux insolites, pas forcément tous les endroits qui sont super connus. Il y a des petites villes avec des choses magnifiques et puis les monuments ils ne sont pas à 10 000 kilomètres, ils peuvent être très proches de chez nous.
Ce que je peux dire aux jeunes générations c'est : allez aujourd'hui vous avez un petit temps libre, vous n’avez rien à faire, et bien vous prenez votre Pass Patrimoine et puis vous allez au musée, vous incitez vos amis et voilà ! Je suis sûre que vous allez passer un bon moment ! Parole d'historienne !

 

 

 

 

 

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