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Treize desserts (c) CRT PACA

Souvenirs d’en France : un Noël en Provence

Dès le début du mois de décembre la fébrilité des fêtes de Noël est palpable.
Les décors s’installent dans les vitrines des magasins, les arbres se parent de guirlandes lumineuses ; des maisonnettes en bois peint avec leurs toits de neige artificielle surgissent de terre pour offrir aux passants un choix de confiseries ou de petits cadeaux abordables pour toutes les bourses.

Marché de Noël de Mulhouse © AAA / Meyer

J’aime ce temps de l’Avent qui nous prépare aux joies familiales. Quoi de plus merveilleux que de se réunir autour d’un sapin ou d’une belle table parée pour l’occasion de décors scintillants imaginés pour le  bonheur des petits et des grands ?

Arbre de noël

Mon enfance arlésienne se rappelle à moi dans ces instants de fête. Je me souviens avec nostalgie de ma mère préparant avec amour les fameux treize desserts selon la coutume provençale.
Parmi ces friandises les quatre mendiants ou fruits secs étaient incontournables. Ils étaient censés figurer les différents ordres religieux ayant fait vœux de pauvreté : noix ou noisettes pour les Augustins, figues sèches pour les Franciscains, amandes pour les Carmes et raisins secs pour les Dominicains.

Les treize desserts © CRT PACA
Les treize desserts

Concernant les autres gourmandises, on bénéficiait d’une plus grande liberté même si le nougat noir ou blanc, la pompe à huile à la fleur d’oranger ou la fougasse à l’anis, sont difficiles à proscrire d’un Noël arlésien bien ordonné !

Enracinées dans une culture méditerranéenne multiséculaire, ces traditions ont connu un moment d’oubli. Sous l’impulsion des Félibres, notamment du plus célèbre d’entre eux, Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature et provençal de cœur et d’esprit, elles connurent un regain de vitalité. 

Frédéric Mistral
Frédéric Mistral

Si certaines n’ont pas perduré, les « calendos » ou « treize desserts » ont survécu à l’usure du temps. Le chiffre treize parfois contesté, s’est imposé vers la fin du XIXème siècle. S’agit-il d’une représentation symbolique de la Cène, du Christ entouré des douze apôtres ? Rien n’est moins sur. Qu’importe ! L’essentiel est de maintenir ces us et coutumes qui forment le socle de notre patrimoine culturel.

En cette période de fin d’année les « souvenirs d’en France » sont riches de magnifiques traditions. A nous de les défendre et de les transmettre. Pour ma part, lointain disciple des Félibres, je suis un fidèle adepte des Noëls en Provence, par gourmandise peut-être, par amour de ma région, certainement.

Patrick de Carolis

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