Festival Un été en Gascogne 2017

Que sont devenus nos ateliers d’antan ?

Le temps fait son œuvre. Pour le meilleur ou pour le pire. Une ville doit vivre, se rénover, s’agrandir.
Ces métamorphoses ont un prix : celui de détruire les vestiges d’un passé que nous aurions tant aimé préserver.

À Paris les ateliers d’artistes ont été les premières victimes de la frénésie immobilière qui s’empara de la capitale au tournant des années soixante. Peu ont survécu à la modernité. Dommage… à eux seuls,  ils symbolisent le rayonnement intellectuel et artistique du Paris de l’entre-deux-guerre.

Toute une génération d’artistes s’y regroupait pour laisser libre cours à un génie créatif rarement égalé. Brancusi, Modigliani, Picasso, Giacometti et tant d’autres ont usé leurs pinceaux, palettes, maillets, ciseaux et autres burins dans ces havres dont la plupart ont aujourd’hui disparu.


Modigliani, Picasso et André Salmon devant le Café de la Rotonde à Montparnasse en 1916.

Quelques-uns cependant, par la grâce d’initiatives publiques ou privées, ont résisté à l’assaut des promoteurs.

C’est le cas de l’atelier d’Ossip Zadkine, devenu musée depuis 1982 conformément à la volonté de son épouse, le peintre Valentine Prax.


Ossip Zadkine jouant de l'accordéon, vers 1930

Caché au fond d’une impasse, il se compose de deux bâtiments aux dimensions modestes. Protégé par des verrières, l’ensemble s’ouvre sur un jardin « au rythme duquel les espaces intérieurs vivent et respirent au fil des saisons. ».


Jardin du musée Zadkine à Paris

Des œuvres de jeunesse du sculpteur sont  exposées dans la maison où l’artiste et sa femme vécurent près de quarante ans.
En pierre, en grès, en plâtre, en bronze ou en bois, ces pièces puissantes et sensuelles, témoignent du talent multiforme d’Ossip Zadkine. Russe d’origine, français de cœur, il fut considéré comme l’une des personnalités phares du plus brillant courant artistique du XXème siècle, connu sous le nom d’Ecole de Paris.



Grand atelier sous verrière d'Ossip Zadkine

Ce trésor encore trop méconnu mérite le détour. L’esprit de cet homme exceptionnel, à la fois peintre, sculpteur, graveur et poète, règne encore sur les lieux.
En me référant à ses écrits, j’aimerais vous dire : en y allant faites en sorte que «  pour un moment l’univers abandonne sa pesanteur. ».

Patrick de Carolis

Pour en savoir plus sur le musée Zadkine, rendez-vous sur leur site.

 

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