SIPC 2021 pages

4 sites EDF au cœur de la Seconde Guerre Mondiale

La Seconde Guerre mondiale a marqué l’histoire des hommes et des territoires en France. De nombreux sites de production d’énergie sont, au cours de cette période, l’objet d’enjeux majeurs pour la Résistance, les alliés comme pour les forces d’occupation.

Nous vous proposons de replonger dans l’histoire de 4 sites d’EDF qui gardent dans leur ADN des traces de ce second conflit mondial.

Barrage de Saint-Étienne-Cantalès – Cantal

Construction du barrage de Saint-Etienne Cantalès © Mairie de Saint-Etienne Cantales

Ce barrage hydraulique, situé sur la Cère en Auvergne, a été inauguré le 1er juillet 1945 par le général de Gaulle, chef du gouvernement français, en présence du sultan du Maroc. Cette inauguration solennelle n’est pas un hasard. Le barrage de Saint-Étienne a, en effet, été un haut lieu de la résistance locale pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sur le chantier qui s’étend de 1936 à 1945, nombreux sont les ouvriers espagnols, républicains, ayant fui le régime de Franco.

Lorsque la guerre éclate, le chantier accueille également de jeunes hommes échappés du STO ou encore de jeunes juifs, dont des gendarmes locaux ont complaisamment changé les papiers d’identité. Le barrage devient une base d’appui pour la Résistance, fournie en armes par les Forces Françaises Libres et le Bureau central de renseignements et d'action du général de Gaulle.

René Grégoire, ingénieur responsable du chantier pour l’entreprise de génie civil Borie, devient même le chef départemental Cantal de l’Armée secrète. Il finit par quitter le chantier en 1943 pour rentrer dans le maquis.

Barrage de Saint Etienne de Cantales © Dhuyp

C’est en mémoire de ces hommes et de leur lutte pour la liberté que l’artiste Delphine Gigoux-Martin a créé son œuvre Aster, inaugurée le 2 juillet 2021. 300 étoiles de céramique photoluminescente, sont ainsi accrochées à la paroi du barrage pour reproduire le ciel du 8 mai 1945, jour de la cessation des hostilités !

Des dessins animés, créés par l’artiste, sont également projetées la nuit sur les parois du barrage, offrant un spectacle inédit au public.

Pour plus d’info :

L’Œuvre Aster est accessible librement, depuis le 2 juillet. Informations sur le site internet.

Visites du barrage : informations et réservations sur le site internet, tous les vendredis, de juin à septembre 2021.

Présentation d'une partie de l'œuvre Aster avant son positionnement sur le barrage

Barrage de Tuilière – Dordogne

Carte postale du barrage et de la centrale thermique de Tuilière avant la Seconde Guerre Mondiale

Construite sur la Dordogne, au début du XXe siècle, la centrale hydroélectrique de Tuilière et sa centrale thermique complémentaire, alimentent en énergie, dès période, les villes de Bergerac, Périgueux, mais également, en partie, Bordeaux et Angoulême. À cette époque, il s’agit de l’aménagement le plus grand d’Europe !

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands installent à Bergerac une poudrerie et à Bordeaux les bassins à flot qui accueillent leurs sous-marins.
C’est l’alimentation électrique de ces deux sites principaux qui est visée, lorsqu’au matin du 12 février 1944, la Résistance locale, menée par les Francs-tireurs et partisans français, font sauter les barrages de Tuilière et de Mauzac (de plus petite ampleur). Avec cette opération de sabotage, la société qui exploite alors ces deux sites perd 40 % de sa capacité de production.

Après-guerre le barrage est reconstruit, mais pas la centrale thermique. Il permet encore aujourd’hui d’alimenter plus de 70 000 Périgourdins en énergie !

Pour visiter le site, rendez-vous sur le site internet d'EDF.

Le barrage de Tuilière en Dordogne

Barrage de l’Aigle – entre Corrèze et Cantal

Barrage de l'Aigle © EDF - Didier Marc

Situé sur la Dordogne, entre Corrèze et Cantal, le barrage de l’Aigle doit son nom à un rocher qui le surplombe, appelé rocher de l’Aigle. Il pourrait être dû à la population de rapaces qui vivent dans la région ou à son nom occitan : « lour roc qui biu l’aigue » signifiant le rocher qui boit l’eau.

Les travaux de construction du barrage débutent sur le site dès 1935. Ils sont menés par André Coyne qui invente un nouvel évacuateur, appelé en « saut à ski », permettant de rejeter l’eau plus loin et ne creusant pas le sol sous le barrage.

 

Mais le nom d’André Coyne n’est pas resté dans l’histoire pour cette seule invention. Lorsque la guerre éclate, il rentre dans la résistance et recrute André Decelle qui prend la tête de la résistance au sein du chantier puis devient chef départemental de l’Organisation de Résistance de l’Armée du Cantal.
Soutenus par leurs ouvriers, ils ralentissent les travaux de construction du barrage pour s’assurer que les Allemands ne puissent jamais profiter de l’énergie produite par le barrage. En 1944, nombre d’entre eux s’engagent pleinement dans la libération du Cantal. Ils ne reviennent achever la construction qu’une fois la libération acquise, pour soutenir au plus vite l’effort de reconstruction du pays.

Le barrage de l’Aigle est finalement inauguré en octobre 1945, il garde le surnom de « barrage de la résistance ».

Un timbre édité en 2016 commémore cet engagement hors du commun.

Pour visiter le barrage, rendez-vous sur ce site internet.

Timbre édité en 2016 en mémoire de la résistance du barrage de l'Aigle

Base Aérienne 136 de Toul-Rosières, aujourd’hui centre solaire photovoltaïque – Meurthe-et-Moselle

Lockheed RF-80C-11-LO Shooting Star 45-8391 du 160th TRS vu en 1952 à Neubiberg AB. © United States Air Force

Cette ancienne base aérienne a vu le jour au cours de la Première Guerre mondiale. Elle accueille alors les premières escadrilles françaises qui soutiennent les poilus et pilonnent les ennemis sur le front de l’Est.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, à partir de décembre 1944, la base aérienne passe sous pavillon américain et devient Toul-Rosières Air Base. Les aviateurs de 3 compagnies de la 9th Air Force prennent leurs quartiers en Lorraine et surnomment leur terrain « Rosy ». Elle est remise aux autorités françaises dans la proclamation de la fin des combats, le 8 mai 1945.

Cette occupation américaine marque l’histoire des lieux qui accueillent dès 1951 et pendant 15 ans, une base aérienne de l’OTAN. L’Armée de l’air française prend la relève jusqu’en 2004.

La base aérienne 136 de Toul-Rosière reste désaffectée jusqu’en 2009, date à laquelle, elle est progressivement transformée par EDF, et plus particulièrement EDF Renouvelables, en centrale solaire photovoltaïque. Aujourd’hui, le site compte 1,4 millions de panneaux solaires qui produisent suffisamment d’énergie pour alimenter une ville de 55 000 habitants, ce qui en fait l’une des centrales photovoltaïques les plus importantes d’Europe.

Elle accueille également une maison de l’énergie et un conservatoire des armées qui retracent sa riche histoire et expliquent au public le fonctionnement de la centrale.

Pour plus d’information sur la visite de la centrale photovoltaïques, rendez-vous sur ce site internet.

Centrale solaire photovoltaïque de Toul-Rosière © Arnaud 25

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