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La fantastique machine de Marly

Fruit de l’imagination de Louis XIV, de l’acharnement de Colbert et du génie des charpentiers wallons, la machine hydraulique de Marly doit relever un défi surhumain : acheminer l’eau de la Seine jusqu’à Versailles pour alimenter bassins et fontaines et fournir la Cour en eau courante. Découvrez la genèse et le fonctionnement d’une des machines les plus complexes des temps modernes. 

 

Le mariage de l'audace et de l'ambition

Le château de Versailles, par Pierre Patel, 1668

L’origine de la machine de Marly peut certainement être attribuée à l’ambition du Roi Soleil de faire de Versailles le domaine le plus splendide qui soit. En effet, le château de Versailles, ancien pavillon de chasse au beau milieu d’une forêt, est situé en hauteur, loin de toute source d’approvisionnement en eau.

Louis XIV n’en désire pas moins faire construire une multitude de bassins et fontaines, bosquets aquatiques et jets d’eau. De plus, depuis les années 1670, Versailles est la résidence officielle de la Cour. Loger plus de 5000 personnes demande un débit d’eau phénoménal. 

Vue de la machine de Marly et du château de Louveciennes, par Pierre-Denis Martin, 1723

Le roi et les architectes de Versailles se rendent rapidement compte qu’il va falloir acheminer une énorme quantité d’eau pour alimenter ces ornements, et les étangs alentour sont déjà surexploités et souvent à sec en été. Une idée folle naît alors dans l’esprit du souverain: il faut faire venir l’eau de la Seine.

Mais le fleuve coule à plus de trois lieues du château, l’entreprise paraît irréalisable. C’est alors que, malgré les protestations de Colbert, un jeune bourgeois originaire de Wallonie, Arnold de Ville, propose le projet d’une machine qu’il a déjà fait construire à Saint-Maur, une gigantesque pompe à eau

Une construction titanesque

L'aqueduc de Louveciennes

En 1681, le roi décide d’entreprendre la construction de la machine, qui servira à alimenter Versailles mais également le château de Marly. Arnold de Ville fait venir de Liège un maître charpentier reconnu, Rennequin Sualem, pour diriger les travaux. 

Contrairement à ce qu’on croit, la machine n’est pas située à Marly, où l’on construit seulement un réservoir, mais entre Louveciennes et Bougival, à quelques kilomètres de Versailles.

Gravure illustrant le fonctionnement de la machine, fin du XVIIe siècle

De 1681 à 1684, c’est un chantier pharaonique qui se met en place, employant plus de 1800 ouvriers dont beaucoup arrivent de Wallonie. On utilise une foule de matériaux, du bois, du fer, du plomb, de la fonte, et ce par milliers de tonnes. La première étape de la construction est la plus risquée, il s’agit de détourner la Seine au niveau de Bezons, dans les Yvelines à l’aide de digues. S’en suit l’édification de galeries, de tuyaux, d’aqueducs, et de roues jusqu’en juin 1684, quand Louis XIV peut enfin inaugurer l’ensemble de ce système hydraulique. 

Si elle fait la fierté du monarque, cette machine de Marly cause bien des tourments au Surintendant des finances Colbert, car sa construction a coûté plus de 3 millions de livres à un Etat déjà bien endetté par les campagnes militaires et les festivités royales

 

La machine de Dufrayer

Une machine provisoire la remplace, puis on utilise une pompe à vapeur dès les années 1830. Sous Napoléon III, un système plus performant est mis en place, la machine de Dufrayer, qui fonctionne jusqu’en 1963. 

Aujourd’hui, on peut encore admirer les vestiges de ce qui fut une immense prouesse technique du XVIIe siècle: les réservoirs de Marly, l’aqueduc de Louveciennes et la conduite d’eau de Bougival témoignent de l’audace des ingénieurs du Grand Siècle

 

 

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