Cet Ete je visite la France

Un musée des Monuments Français ? Non, deux !

Situé au cœur de la Cité de l’architecture et du patrimoine, ce musée abrite aujourd’hui des trésors de sculpture et de peinture ainsi que des reproductions impressionnantes des plus beaux édifices de notre patrimoine. Comme c'est le cas pour de nombreux établissements culturels, son histoire est liée aux rebondissements politiques qui ont secoué la France depuis la Révolution Française. Plongez avec nous dans les remous de l’histoire pour découvrir l’origine de cette institution. 

Alexandre Lenoir, un musée pour sauver

Alexandre Lenoir, par Jacques-Louis David

Nous sommes en 1790, la Révolution française bat son plein. Pour faire du passé table rase, l’Assemblée Constituante fait nationaliser ou confisquer une immense partie des biens du clergé, de la couronne et des aristocrates qui fuient la France. C’est un réel trésor culturel qui est constitué et entreposé, faute de mieux, au Couvent des Petits-Augustins, actuelle École des Beaux-Arts, sur la rive gauche de la Seine. 

Les œuvres, majoritairement des sculptures, sont laissées sans surveillance, quasiment à l’abandon. Mais en 1791, un homme épris d’art insiste auprès de l’Assemblée pour obtenir la garde du dépôt et veiller sur ces biens. Il s’agit d’Alexandre Lenoir qui, non content d’assurer la surveillance des œuvres déjà présentes, entreprend de mettre à l’abri des sculptures menacées par le régime de la Terreur. C’est ainsi qu’en 1793, il fait démonter une grande partie des gisants de la basilique royale de Saint-Denis afin d’éviter leur destruction et les fait déposer aux Petits-Augustins.

La Salle d'introduction du Musée des Monuments Français, par Jean-Lubin Vauzelle

Contemplant les centaines d’œuvres entreposées là, Alexandre Lenoir décide de les disposer selon leurs époques afin de créer un parcours historique à travers le couvent. À l’automne 1795, le musée est ouvert. Il devient le second musée national après le Louvre.

Pendant vingt ans, avec le peu de moyens dont il dispose, Lenoir s’attache à mettre en valeur ces œuvres historiques et légendaires (un des mausolée est attribué à Héloïse et Abélard). Il constitue des catalogues,  remanie les parcours et crée des reproductions. Ses efforts sont couronnés de succès : les visiteurs viennent de toute l’Europe pour admirer ces merveilles du patrimoine français. De nombreux écrivains et intellectuels, comme Jules Michelet, racontent y avoir fait une sorte d’expérience fondamentale artistique.

Le mausolée d'Héloïse et Abélard, au cimetière du Père-Lachaise

Malheureusement, le triomphe est de courte durée, et la Restauration sonne le glas de l’entreprise d’Alexandre Lenoir. En 1815, Louis XVIII ordonne la fermeture du musée et la restitution des œuvres à leurs propriétaires d’origine : églises, châteaux, familles… Les mausolées sont pour la plupart envoyés au Père Lachaise, et les œuvres non identifiées sont confiées au Louvre

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Viollet-le-Duc, un musée pour rayonner

Eugène Viollet-le-Duc, par Nadar

Tout (re)commence en 1878, au Palais du Trocadéro qui accueille alors l’Exposition Universelle, où figurent beaucoup d’oeuvres sculptées, pour certaines très anciennes.

L’année suivante, Eugène Viollet-le-Duc propose de rassembler dans ce même bâtiment des sculptures datant de l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne.

Viollet-le-Duc, architecte attitré du mouvement, né sous l’impulsion de Mérimée, pour préserver le patrimoine médiéval français, a restauré nombre de prestigieux monuments comme Notre-Dame de Paris, le Mont-Saint-Michel ou encore le château de Pierrefonds.

Son influence et son aura sont considérables et bien qu’il meure la même année, le projet est lancé : le Musée de la sculpture comparée ouvre en 1882. 

Le musée expose en premier lieu des sculptures et des moulages d’œuvres médiévales, disposées selon les instructions laissées par Viollet-le-Duc dans ses écrits. À l’occasion de l’exposition internationale de 1937, le musée est déplacée dans une autre partie du Trocadéro, le Palais de Chaillot, il est rebaptisé Musée des Monuments Français

Les différents conservateurs qui le dirigent, l’agrandissent et l’aménagent au fil des ans, l’enrichissant de nombreuses reproductions d’œuvres d’art et d’impressionnantes maquettes de cathédrales et de monuments.

Galerie des moulages avec le portail de l'abbaye Saint-Pierre de Moissac

Galerie des moulages cité de l'architecture et du patrimoine

Depuis 2004, le Musée des Monuments Français fait partie intégrante de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Il apparaît comme un lieu de référence, tant pour les fins connaisseurs d’architecture que pour les amateurs de vieilles pierres.

Il célèbre la beauté et le prestige des monuments français, du Moyen-Âge jusqu’à nos jours, mais propose également une fine analyse de la notion de patrimoine, de la manière dont celui-ci a évolué et de l’importance de le préserver.  

 

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