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Sur les traces de la comtesse de Ségur

La comtesse de Ségur

Des générations d’enfants ont été marquées par les bêtises et les malheurs de Sophie, et de ses cousines Camille et Madeleine de Fleurville, petites filles modèles que Sophie peine à imiter.

La fraicheur, l’inventivité et l’esprit farouche de cette dernière, qui donne un bain de soleil à sa poupée de cire, sale et découpe les petits poissons de sa maman, ou prépare du thé pour ses cousins avec l’eau de l’écuelle de son chien, ont largement contribué à la renommée de ces ouvrages pédagogiques.

Seulement, peu de gens connaissent la vie de son auteur, la comtesse de Ségur, qui mettait par écrit les histoires qu’elle contait à ses petits-enfants.

Une enfance inspirante

Château des Nouettes

Cette femme de lettres française est née à Saint-Pétersbourg en 1799. Issue d’une famille illustre de la noblesse russe, la jeune Sophie Rostopchine passe son enfance dans une propriété de 45 000 hectares, à proximité de Moscou, ville dans laquelle son père a été nommé gouverneur général. Elle reçoit l’éducation traditionnelle des jeunes filles de l’aristocratie russe, qui favorise l’apprentissage des langues étrangères, notamment du français. Adolescente douée et polyglotte, elle maîtrise cinq langues à l’âge adulte.

Malgré ses facultés intellectuelles, Sophie est une enfant agitée, turbulente et espiègle, régulièrement punie et sermonnée par ses parents.

Disgracié par le Tsar suite à l’invasion de la Russie par la Grande Armée de Napoléon, et l’incendie de Moscou, son père, Fédor Rostopchine, s’exile dans plusieurs pays européens avant d’arriver à Paris en 1817, avec sa famille.

Sophie rencontre à 19 ans son mari, le comte Eugène de Ségur. Le couple, au début amoureux et heureux, est rapidement malmené par les infidélités d’Eugène, incitant la comtesse à se retrancher dans le Château des Nouettes, dans l’Orne. Son mari ne la visite, ainsi que leurs huit enfants, qu’en de rares occasions. Surnommée la « mère Gigogne » par son époux, elle s’isole des mondanités parisiennes pour s’occuper de ses enfants et petits-enfants.

Une grand-mère écrivain et pédagogue

Les petites filles modèles

À 50 ans, la vocation d’écrivain de la comtesse se déploie. Après avoir inventé et raconté, durant de longues années, des histoires à ses petits-enfants, elle décide de les regrouper dans Les Nouveaux Contes de fées, à la suite d’une rencontre entre Louis Hachette, éditeur à la recherche de romans pour enfants, et son mari, qui aurait vanté les qualités littéraires de son épouse.

Le succès de son premier roman l’encourage à composer un ouvrage pour chacun de ses petits-enfants : Les Malheurs de Sophie, Les Petites Filles modèles, Les vacancesL’Auberge de l’Ange Gardien, Mémoire d’un âne, Le Général Dourakine, Un bon petit diable, Lettres d’une Grand’mère, etc... Elle donne d’ailleurs le prénom de ces derniers à certains de ses personnages, notamment Camille, Madeleine, Jacques ou Elisabeth.

Pédagogiques et éducatifs, ces romans moraux mettent en scène des personnages de bonne famille du Second Empire, et sont clôturés par une leçon de bonne conduite. Ces petites histoires sont, pour la plupart, tirées de sa propre enfance, donnant ainsi aux personnages une complexité psychologique et un réalisme encore très actuels.

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