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Les Francs font les bons comtes

Portrait d'Auguste (27 av. J.-C.-14), premier empereur romain, conservé au musée du Louvre

Le titre de noblesse « comte » est issu du latin comes, compagnon ou personne de la suite. À partir de la mise en place du régime impérial romain en 27 avant notre ère, le terme désigne un conseiller de l’empereur.

On nomme alors ces hommes issus de l’élite sénatoriale les comites Augusti. La dignité comtale sous l’Empire romain n’est en rien un titre héréditaire, mais tient bien davantage de la charge publique recouvrant des responsabilités à la fois civiles et militaires.

L’arrivée des Francs dans les Gaules, à partir du Ve siècle, ne fait pas disparaître pour autant cette fonction. La royauté franque, bien que conquérante, ne peut stabiliser son pouvoir sans une alliance avec l’aristocratie sénatoriale chrétienne gallo-romaine. Cette nécessité du soutien des élites « autochtones » est extrêmement bien illustrée par l’épisode du vase de Soisson, au cours duquel, Clovis s’oppose à la coutume de son peuple au profit d’un évêque de filiation gallo-romaine. 

Détails d'un manuel du XIXe siècle illustrant l'épisode du vase de Soisson

Cette alliance ne concerne d’ailleurs pas seulement l’épiscopat des Gaules, mais s’étend également aux comtes, chefs locaux de l’administration, eux aussi issus de l'aristocratie chrétienne.

Avec le développement de la monarchie mérovingienne, la fonction de comte acquiert une plus grande dimension régalienne.

On passe alors d’une fonction civique, comes civiatis, à une charge territoriale, le comitatus. Les comtes mérovingiens assurent alors des fonctions fiscales, militaires et judiciaires.

 

Contrairement aux idées reçues, la transition entre les traditions administratives de la Rome Antique et les pratiques médiévales de l’hérédité des fonctions, n’intervient pas au lendemain des "invasions barbares" du Ve siècle.

Le comte de Flandre en armure d'apparat, Grand Armorial équestre de la Toison d'Or, Flandres, 1430-1461.

Ci-dessus, Charlemagne et ses comtes écoutant la lecture d'un capitulaire impérial (Bible de Charles le Chauve, IXe siècle).

L’administration mise en place par les mérovingiens n’autorise pas, en principe, la transmission de la charge de comte.

La situation perdure bon gré mal gré jusqu’à la désintégration de l’empire carolingien. Après la mort de Charlemagne en 814, ses héritiers se partagent ses territoires selon la coutume franque. Cette période ouvre une série de conflits de succession favorable au renforcement des aristocraties locales. Relevant d’un statut de fonctionnaire, les comtes profitent de la déliquescence du pouvoir central pour s’approprier le titre, les fonctions, mais également le territoire comtal de manière héréditaire.

C’est l’apparition des premiers comtes tels que nous les entendons. Rapidement la monarchie carolingienne doit se résoudre à accepter cet état de fait. Le comte devient alors le plus haut rang de la noblesse.

À l'époque médiévale, la dignité des titres dépend de leur ancienneté et c’est tout naturellement que le comté s’est imposé comme la plus haute dignité de la noblesse française (exception faite du duché, traditionnellement conféré aux anciennes familles souveraines qui conservent ainsi une préséance).

Par la suite, le XIXe siècle et les empires révolutionnent cet ordonnancement en inventant une hiérarchie nobiliaire divergente. Dès lors, la dignité de comte y est conçue comme précédé par celles de duc et de marquis ainsi que suivie par celles de vicomte, vidame et baron.

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