Pass Patrimoine 600 monuments 2022 page
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Les trésors du patrimoine de Châteauvillain

Aux confins de la Bourgnogne et de la Champagne, Châteauvillain, en Haute-Marne, possède plusieurs curiosités historiques et architecturales qui lui ont permis d’obtenir le label Petites cités de caractère du Grand Est.

Situé au cœur du Parc national des forêts en Champagne, ce village conserve de nombreux vestiges de son histoire peu commune.

La tour de l'Auditoire, l'église Notre-Dame, le Parc aux Daims et la chapelle de la Trinité sont quelques-uns des monuments historiques à visiter dans cette charmante localité. Elle conserve également de jolis éléments de patrimoine vernaculaire, dont un four à pain ou encore un pigeonnier

Remontez le temps en parcourant les ruelles de cette cité à la recherche des trésors de son passé et, comme Simone de Beauvoir, faites de Châteauvillain l'un « de vos plus plaisants souvenirs ».

Châteauvillain, une ville au cœur de l’Histoire

Le château, François Alexandre Pernot ©G.Garitan

C’est autour d’un castrum antique, le Castrum Villanum, qu’apparaissent les prémices de cette petite cité de caractère, au XIe siècle.

Il faut attendre 1160 et Hugues III de Broyes, seigneur de Broyes et de Châteauvillain, pour qu’un premier château marque le véritable développement du bourg qui reste, toutefois, modeste.

Acheté en 1620 par Nicolas de L’Hospital, le comté de Châteauvillain passe entre les mains de Louis de Bourbon, comte de Toulouse, en 1699. Fils légitimé de Louis XIV, il fait entrer Châteauvillain dans la famille royale.

Sa première action est d’aménager le massif forestier des environs pour en tirer du charbon de bois. La hausse du cours du bois, qui se produit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, offre à la ville des revenus confortables.

La cité profite de son essor pour s’agrandir quelque peu et restaurer son église. Le fils du comte de Toulouse, le duc de Penthièvre, inaugure le nouvel édifice, en 1784.

La reconstruction de l’église est le symbole de la renaissance de la commune au XVIIIe siècle. Devenue un monument majeur de la cité, cette église reste encore très bien conservée de nos jours.

Église Notre-Dame-en–son-Assomption, Châteauvillain, Haute-Marne, Grand Est

L’Église Notre-Dame-en–son-Assomption, l'autre Panthéon !

Intérieur Église Notre-Dame-en–son-Assomption, Châteauvillain, Haute-Marne, Grand Est ©Grand Est

Construit dès 1770, à l’initiative du duc de Penthièvre, cet édifice est l’un des plus beaux bijoux architecturaux de la ville.

Son histoire débute en 1767. L’église de Châteauvillain, datée du XIVe siècle, menace de tomber en ruine.

Un architecte local, Pierre-Denis Massol, est engagé pour restaurer l’édifice. Peu consciencieux, il omet d’étayer le chœur qui s’écroule lors du démontage de la nef.

Pierre-Denis Massol déchargé du projet, c’est le célèbre Jacques-Germain Soufflot qui est consulté, en 1772, pour approuver les plans de son prédécesseur.

Il procède alors à une correction de la façade qui devient ainsi celle que l’on connaît aujourd’hui.

Travaillant en même temps sur le chantier parisien de l’église Sainte-Geneviève, futur Panthéon, cet architecte confère à l’édifice toute la majesté du style néoclassique.

Inachevé, le reste du projet est mené à bien par l’architecte François-Nicolas Lancret, connu dans la région pour avoir également dessiné le château de La Motte-Tilly, dans l’Aube.

La tour Saint-Marc, vestige des prémisses de Châteauvillain

La tour Saint-Marc, Châteauvillain, Haute-Marne, Grand Est ©Dmz2000

Rare témoin du château initial, la tour Saint-Marc fait partie de la première enceinte de Châteauvillain.

Offrant une belle visibilité sur les environs, avec ses 12 mètres de haut, cet édifice est composé de quatre niveaux surmontés d’un toit en pierres de lave.

Le niveau supérieur, accessible via un escalier en colimaçon, sert de point de surveillance.

Le niveau intermédiaire, quant à lui, fait office de poudrière, le niveau principal accueille les gardes, tandis que le cul de basse fosse constitue un cachot des plus humides.

En 1787, le duc de Penthièvre convertit cette tour en une prison de ville où il fait enfermer les voleurs et brigands.

La porte Madame, une entrée vers le Moyen Âge

La porte Madame est la seule des trois portes médiévales à nous être parvenue intacte. Pourtant, entre le XIIe et le XIVe siècle, Châteauvillain est une ville fortifiée entourée de remparts.

Pour compléter le dispositif, le duc de Vitry ordonne, en 1655, la construction d’un mur en pierre sèche de 6 kilomètres pour faire du Bois d’Époisses, sa réserve de chasse.

Pour accéder à la cité médiévale, il n'y a d'autre choix que de passer par l'une des trois portes fortifiées.

La porte Madame, vestige de cette période révolue, donne, aujourd’hui, accès au Parc aux Daims.

La porte Madame, Châteauvillain, Haute-Marne, Grand Est

Le petit musée de Châteauvillain, pour tout savoir de la cité

Gravure du château de Châteauvillain ©Rauch del. ; auteur de la gravure : Schroeder ac. — Gallica BN

Châteauvillain possède un musée consacré à l’histoire de la ville et des grandes familles qui l’ont développée.

Établi dans la tour de l’Auditoire, ce lieu permet, entre autres, de comprendre les étapes successives de la construction de cette imposante citadelle, bâtie entre le XIIe et le XVIIe siècle.

Une maquette réalisée d’après un plan original de l’architecte Ragot daté de 1865, donne à voir aux visiteurs l’espace qu’occupait autrefois le cœur de la ville. Une visite à faire, pourquoi pas, à l'occasion des Journées du patrimoine.

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