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Cormicy, des obus à la brique

Cormicy est un petit village de la Marne membre du réseau des Petites Cités de Caractère, dont l'histoire architecturale est loin de s'être arrêtée à l'époque médiévale.

La bourgade se présente aujourd'hui sous l'aspect d'une succession de maisons de briques, mais cette apparente homogénéité architecturale camoufle une longue et tumultueuse histoire.

La présence humaine sur ce site remonte au moins aux temps gallo-romains. On ne sait que peu de chose de la ville à cette époque, mais dès le Haut-Moyen Âge, la communauté se place sous la protection des archevêques de Reims.

Les vestiges des anciennes fortifications de la ville

Au fil des siècles, la ville prend de l’importance et se dote progressivement d’un grenier à sel, d’un hospice et dispose même d’une foire annuelle. L’émulation commerciale de la cité conduit sa municipalité à édifier des remparts au cours de la période médiévale. Les fortifications, constituées d’une enceinte entourée de fossés, sont percées de trois portes gardées par des ponts-levis.

Malgré ce dispositif militaire, la ville tombe aux mains des Anglais en 1359, alors que la Guerre de Cents Ans fait rage à travers le Royaume de France. Ce n’est qu’au cours de la chevauchée de Jeanne d’Arc et de Charles VII en direction de Reims (26 juin au 16 juillet 1429), que Cormicy est libérée. La municipalité accueil le Dauphin à l’hôtel de la Poste qui porte toujours au fronton les armes évoquant cet évènement.

Les troupes allemandes dans Cormicy en juin 1918 avec l'église détruite par les bombardements en arrière plan.


Une carte postale d'après guerre montrant les dégâts subis par la ville.

Progressivement, la ville est délaissée par les marchands et Cormicy perd de son importance. La Révolution la prive finalement de son rôle de centre administratif. À la veille de la Première Guerre Mondiale, la cité médiévale ne compte plus que quelques 1 200 habitants.

Lorsque ce conflit éclate, la ville se retrouve malgré elle plongée au cœur de la bataille du Chemin des Dames (16 avril - 24 octobre 1917). La motte de Sapigneul qui contrôle le passage vers Reims, est convoitée par les belligérants.

L’intensité des combats est telle que Sapigneul, petit hameau situé sur le territoire de la commune, est rayé de la carte au cours du printemps 1917. L’année suivante, c’est Cormicy elle-même qui est prise pour cible et intégralement détruite.

Après la guerre, la décision est prise de rebâtir la ville, mais d’une manière assez originale.

Plutôt que d’appliquer au village un plan urbain « moderne » avec des rues perpendiculaire, on décide de restituer la trame urbaine ancienne. Les architectes chargés du projet reprennent les anciens plans médiévaux de la ville et le reproduisent tout en introduisant des édifices résolument modernes. De cette reconstruction planifiée résulte aujourd’hui une cité aux rues tortueuses et pourtant homogènes dans lesquelles les édifices de brique et tuiles rouges se répondent les uns aux autres. Seuls les bâtiments symboliques, que sont l’église, la mairie et la poste, ont été reconstruits en pierre de taille et toiture d’ardoise.

Aujourd’hui, seule l’une des cinq nécropoles nationales rappele l’importance des combats qui se sont déroulés aux alentours de cette paisible cité. Créée dans les années 1920 à la Maison Bleue, la nécropole de Cormicy recueille les corps de plus de 14 000 soldats français tombés au combat.

Découvrez Cormicy, l'une des Petites Cités de Caractères de Champagne et d'Ardenne

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