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La Saint-Joan catalane

Chaque année, dans la nuit du 23 au 24 juin, les feux de la Saint-Jean s’embrasent un peu partout dans l’hexagone. Peu à peu perdue, la tradition a su renaître, mais il est un coin de France où elle ne s’est jamais réellement perdue.

Très attachés à leur identité catalane, les habitants des Pyrénées Orientales n’ont pas abandonné cette coutume. Et pour cause, elle est très profondément liée à leur identité et au pic du Canigó, la « montagne sacrée des catalans ».

La flamme sacrée préservée par la lanterne tempête

La préparation des feux de la Saint-Jean débute dès la mi-juin dans ce coin de la Catalogne française. Des centaines de fagots de bois sont montées jusqu’au sommet du Canigó qui culmine à quelques 2 784 mètres d’altitude, c’est la Trobada.

La veille de la Saint-Jean, vers 22h, ces fagots sont embrasés par la flamme sacrée venue de Perpignan dans sa lanterne tempête. Ce feu est distribué à l’aide de flambeaux aux délégations des villages pour éclairer le cœur de leur commune. Ce sont alors des colonnes de torches qui descendent les pentes du pic au milieu de la nuit pour rejoindre les vallées au petit matin.

Le 23, la flamme, portée par des coureurs, arrive dans tous les villages de Catalogne. Ils sont accueillis au son des sardanes et récompensés de leurs efforts par une xicolatade, boisson traditionnelle s'apparentant à un chocolat chaud. La flamme est alors précieusement conservée jusqu’au soir.

Au cours de la journée, un grand bûcher destiné à recevoir la flamme du Canigó est dressé sur la place principale de chaque village de Catalogne.

Alors que le crépuscule s’avance, habitants et curieux s’assemblent sur les places centrales des villages. Les terrasses des cafés voisins se remplissent et l’impatience de l’arrivée de la flamme et l’ouverture des festivités de la Saint-Jean se fait sentir.

Enfin, une lueur apparaît au détour d’une rue. Les enfants du village portant les torches fendent la foule et s’assemblent autour de la vasque contenant la pile de bois. Un à un, ils jettent leurs torches dans le foyer et les flammes s’élèvent sous les yeux des spectateurs réunis.

Ce n’est que lorsque l'intensité du brasier fait rougeoyer la place que jeux et danses débutent. 


Le bouquet de la Saint-Joan orné des couleurs catalanes

Le feu de la Saint-Jean n’est pas seulement la célébration du solstice d’été, mais également un symbole de la fraternité ancrée dans les traditions. Les adultes rejoignent les enfants et s’élancent dans une sardane, ronde traditionnelle catalane.

Ces festivités sont également l’occasion de distribuer des bouquets de la Saint-Jean composés de quatre plantes : du millepertuis pour la santé, de l’immortelle, de l’orpin et du noyer pour la protection. Le bouquet est ficelé par un ruban aux couleurs du drapeau catalan. Il est gage de bonheur pour l'année à venir. À la Saint-Jean suivante, il faut jeter son bouquet dans les flammes avant d'en prendre un nouveau, si l'on veut que le bonheur nous suive pour l'année à venir.

Encore aujourd’hui, les feux de la Saint-Jean sont l’occasion de célébrer la fraternité autour de vins locaux et de spécialités régionales, distribués tout au long de la soirée.

 

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