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13/09/2017

Jérusalem sur Isère

Depuis 500 ans, le « Grand Voyage » veille sur la ville de Romans-sur-Isère. Cet immense chemin de croix composé de 40 stations serpente dans la ville avant de mener vers le calvaire des Récollets hors des murs de la cité.

Au Moyen Âge, l’acte de pèlerinage est un acte très important dans la vie spirituelle des chrétiens. Les voies vers Jérusalem, Rome et Saint-Jacques de Compostelle sont très empruntées par les croyants. Mais avec la perte d’influence chrétienne sur la Terre Sainte, il devient très dangereux pour les chrétiens de s’y aventurer. 

Calvaire des Récollets à Romans-sur-Isère

Pour ceux qui ne peuvent pas affronter les difficultés d'un voyage coûteux et périlleux, des calvaires et des chemins de croix sont bâtis dans les villes européennes. À Romans-sur-Isère, l'initiative de la création, dans la ville, de sept piliers et d'un calvaire en mémoire de la Passion du Christ revient à un riche marchand drapier : Romanet Boffin.

Cette idée lui vient en 1515, lors d’un voyage commercial à Fribourg, en Suisse, où il découvre un chemin de croix aux stations disséminées dans la ville. Ce monument fribourgeois, initié par Pierre d’Englisberg, commandeur des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, est une réplique de celui de Rhodes, lui-même fait sur le modèle exact de Jérusalem.

Station 18 du chemin de croix actuel de la ville de Romans-sur-Isère (Sainte Véronique)

Romanet Boffin fait alors installer sept piliers, de la collégiale Saint-Barnard jusqu'à l'extérieur de la ville, où à l'image du mont Golgotha de Jérusalem, il fait ériger le Calvaire. Le succès est immédiat, plusieurs guérisons miraculeuses sont attribuées à ce pèlerinage.
Peu à peu, Romanet Boffin acquiert des terres afin de construire des chapelles et agrandir son chemin de croix. À son décès, la ville compte 19 stations du chemin de croix.

 

Les guerres de Religion entraînent la destruction de cet ouvrage. Grâce à la volonté du fils du fondateur, et l'installation d'un couvent de frères récollets, les stations urbaines et celles du Calvaire sont reconstruites : on en dénombre trente-sept en 1638. À la fin du XVIIe siècle, le pape Innocent XI décide d'accorder les mêmes indulgences aux pèlerins du calvaire de Romans que celles accordées à ceux partis à Jérusalem.

Au siècle suivant, les fidèles se désintéresse du Grand Voyage qui subit les affres de la Révolution. Au XIXe siècle, le Calvaire, dont le sort est dissocié du couvent, est en partie restauré. Des chapelles sont édifiées par des familles notables de Romans : elles sont à la fois stations du chemin de croix et chapelles funéraires. La chapelle du Saint-Sépulcre serait la seule subsistant de l'œuvre originelle.

 

En 1986, le calvaire des Récollets est classé au titre des Monuments historiques ; puis entre 1987 et 1996, les stations le sont à leur tour.

Restauré à l'occasion de son cinq-centième anniversaire, le Grand Voyage demeure un élément incontournable du patrimoine de Romans.

Encore aujourd'hui, chaque Vendredi saint, à cinq heures du matin, près de 500 fidèles et amateurs de patrimoine se retrouvent pour gravir le chemin, station après station. 

Cet ensemble monumental restauré est inauguré ce jeudi 14 septembre 2017.
Pour en savoir plus sur Romans-sur-Isère et son histoire cliquez ici.

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