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18/10/2022
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Salon du Patrimoine 2022 : portraits d'exposants aux savoir-faire d'exception

Du 27 au 30 octobre 2022, la 27e édition du Salon International du Patrimoine Culturel réunira plus de 300 exposants, au Carrousel du Louvre, à Paris.

Rassemblant les acteurs du patrimoine, mais aussi les passionnés, le salon met à l’honneur la restauration, la sauvegarde et la valorisation du patrimoine bâti et non bâti, matériel ou immatériel.  Cette année, le thème du développement durable est mis sur le devant de la scène.

Nous vous proposons de découvrir, en avant première, 4 artisans d'art, aux savoir-faire d'exception qui seront présents au salon ! 

Anton Laborde : un ébéniste et marqueteur audacieux

Portrait d'Anton Laborde © Gaetan LEPREVOST

Anton Laborde est le lauréat 2022 du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art, récompense décernée par les Atleliers d'Art de France, qu'il recevra lors du Salon International du Patrimoine Culturel, pour saluer ses talents d’artiste ébéniste.

Dès l’âge de 14 ans, Anton Laborde est initié à l’ébénisterie, par un maître japonais. Par ailleurs, la marqueterie des XVIIe et XVIIIe siècles, qu’il découvre dans des ouvrages, le passionne. C’est finalement avec les Compagnons du Tour de France, qu’il apprend le métier du bois, son savoir-faire et sa philosophie.

Il travaille ensuite dans le Jura, sur des meubles anciens et se rend en Irlande où il est émerveillé par une idée novatrice du designer Joseph Walsh : les meubles sont des œuvres d’art avant d’être fonctionnels.

Pris de passion pour ce nouveau concept, il installe son propre atelier à Bordeaux où il peut se consacrer librement à la création artistique.

Miroir En Attendant par Anton Laborde

L’artiste révolutionne la façon d’effectuer le cadre de la marqueterie. Une fois teintés dans la masse, les éléments sont taillés au scalpel, dans des essences de bois européennes comme l’érable sycomore. Pour colorer le bois, il le teint « à cœur », ce qui permet d’imprégner entièrement l’épaisseur du bois.

Anton Laborde, Paravent

C’est avec soin, qu’il veille à ne pas utiliser de bois exotiques, dont l’exploitation aggrave la déforestation. Son objectif est de réhabiliter la marqueterie, pratiquée depuis l’Égypte antique, avec des techniques plus écologiques, notamment en favorisant les colles animales pour éviter les produits chimiques.

Anton mêle plusieurs matériaux et se concentre sur les courbes et contre-courbes rappelant l’Art nouveau. Puisant son inspiration dans les souvenirs de son enfance en Inde, il adopte des motifs et styles exotiques. L’univers de la jungle, avec ses animaux sauvages et sa végétation, ainsi que les contes pour enfants, l'inspirent pour créer des œuvres uniques. Forêts verdoyantes, bords de rivière, iris, banians, profils de femmes indiennes ou animaux sauvages, ses œuvres mettent en scène de véritables décors qui invitent au rêve et à la sérénité.

Anton Laborde décline miroirs, paravents, étagères et chaises pour en faire des pièces sculpturales, entre tableaux fonctionnels et meubles œuvres d’art, le tout réalisé dans un style novateur et unique !

Marion Lainé et la restauration passionnée des pianos

Marion Lainé dans son atelier de Verel-de-Montbel

Maître artisan en Métier d’Art, Marion Lainé est l’une des rares personnes en France à maîtriser toutes les compétences nécessaires à la restauration des pianos anciens et modernes. Cela fait depuis près de vingt ans qu’elle exerce son métier de technicienne facture instrumentale avec une parfaite maîtrise du geste.

Elle obtient en 2003 son Certificat d’Aptitude Professionnelle de Technicien Piano et en 2005, un Brevet des Métiers d’Arts de Technicien en Facture Instrumentale. C’est à Paris qu’elle est formée dans un premier temps, au son et à ses subtilités. Soucieuse d’acquérir de nouvelles compétences, Marion continue sa formation, notamment auprès des facteurs prestigieux d’Europe comme Fazioli et Bechstein.

Récemment, elle était Élève de Maître d’Art auprès de Sylvie Fouanon, une restauratrice de pianos anciens. Cette expérience lui permet d'élargir ses connaissances sur les pianos anciens et de parfaire sa formation.

En 2010, elle retourne dans sa région natale, en Auvergne-Rhônes-Alpes, dans le village de Verel-de-Montbel, pour créer son propre atelier de restauration de pianos, ce qui ne l’empêche pas d’intervenir sur l’ensemble du territoire français.

Piano Pleyel restauré par Marion Lainé

Son métier est exigeant, puisqu’il requiert à la fois des compétences techniques et un talent de musicien. Mais, Marion Lainé ne se laisse pas impressionner par ces anciens pianos, parfois endommagés par le poids des années. Travail long et fastidieux, elle passe souvent plusieurs centaines d’heures pour faire renaître l’instrument.

Les pianos modernes constituent la majeure partie de son travail. Elle optimise les pianos à queue haut de gamme et prépare l’instrument avant un concert ou un enregistrement. Son métier lui permet d’être au plus proche du musicien afin de répondre à ses besoins. Réputée pour ses aptitudes à comprendre et travailler le son, Marion se met à l’écoute à la fois de l’instrument et à la fois des personnes pour qui elle travaille. De nombreux professionnels font donc appel à son savoir-faire prodigieux.

Ses compétences multiples ont été récemment récompensées puisqu’elle est lauréate 2022 du Concours Ateliers d’Art de France.

Jardin-Patrimoine : faire renaître le patrimoine paysager historique

Cela fait quinze ans que la société Jardin-Patrimoine, portée par Frédérique Tézenas du Montcel, œuvre pour la conservation des jardins historiques. Elle propose des solutions d’aménagement ou de réhabilitation des parcs, jardins et paysages de France et d’ailleurs.

Depuis son enfance, qu’elle a passée au Cameroun et en Guadeloupe au milieu d’une riche végétation, Frédérique Tézenas du Montcel est passionnée par les jardins.
Elle grandit avec un père ingénieur agronome et une mère, artiste peintre. Initiée très tôt au jardinage, elle suit une formation à l’École nationale des ingénieurs de l’horticulture et du paysage à Angers, afin d’acquérir des compétences techniques.
Elle se spécialise ensuite, dans la « haute couture des jardins » au sein de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles. Le Ministère de la transition écologique et solidaire l’autorise ainsi à exercer son métier de paysagiste concepteur.

Elle fonde, en 2005, sa société Jardin-Patrimoine, dans le but de restaurer les sites naturels à valeur de patrimoine, mais aussi d’offrir la création de jardins remarquables et des suivis de chantier et maîtrise d’œuvre. Récemment, Frédérique intègre la Commission Locale des Sites Patrimoniaux Remarquables de Lyon.

Parmi ses nombreuses récompenses, elle reçoit notamment en 2019, le prix « Allées d’arbres » par Sites & Monuments pour la restauration d’une allée du parc du château de la Serraz en Savoie.

Parc du jardin de Tartigny dans l'Oise © Jardin patrimoine

Frédérique souhaite répondre aux préoccupations des propriétaires qui sont celles d’entretenir un jardin historique à laisser aux générations futures et à conserver la tradition du site. Ces sites sont le plus souvent protégés au titre des Monuments historiques.

Jardin-Patrimoine a déjà œuvré sur de nombreux chantiers, en France et à l’étranger : le jardin du château d’Ampuis-Rhône, le projet de paysage mémoriel dans l’Ain, la valorisation du domaine de Plaisance dans la Drôme, le plan de gestion d’un jardin à Ville-d’Avray, etc.

Afin de conserver l’âme du lieu et sa charge historique, les équipes sont souvent amenées à se plonger dans les archives pour mieux appréhender les jardins, d’époques variées. Ils laissent parfois place à leur créativité, tout en prenant en considération le territoire et le paysage, dans lequel le site s’inscrit. Leurs missions recouvrent les allées, les éléments d’architecture, les structures végétales, les éléments hydrauliques, les perspectives, les mobiliers ou encore les ornements.

Pour relever les défis environnementaux, la société travaille avec précaution sur le traitement des sols. Les équipes partent de ce qui est déjà existant pour en tirer le meilleur : les vieux arbres sont mis en valeur et les « déchets verts » sont utilisés.
Jardin-Patrimoine essaime des petits coins de paradis, qui invitent à se reconnecter avec le vivant et à se recentrer sur une nature parfois oubliée.

Fière d’incarner les valeurs patrimoniales des parcs et jardins, la société Jardin-Patrimoine se définit comme « Paysagiste du patrimoine ».

Parc de Pradines dans le Vaucluse

François Simon-Fustier et l’Horlogerie de la Croix Rousse : un savoir-faire ancestral

Quatrième génération d’horlogers de la famille, François Simon-Fustier a toujours grandi au milieu de la magie des rouages anciens. À la fin du XIXe siècle, en Haute-Loire, son arrière-grand-père fonde le premier atelier de la famille de réparation d’horloges. Le savoir-faire se transmet au fil des années, ce qui permet à François d’intégrer l’École d’Horlogerie d’Anet.

Après avoir travaillé au sein de l’entreprise française Gorgy Timing, il installe en 1999, son atelier de restauration d’horlogerie ancienne dans le IVe arrondissement de Lyon, sur la colline de la Croix-Rousse, aussi appelée, « la colline qui travaille ». Rapidement, l’Horlogerie de la Croix-Rousse se fait une notoriété auprès des habitants du quartier, avant de s’étendre au territoire français et à l’étranger.

François Simon-Fustier obtient en 2009, le Brevet Supérieur en Horlogerie, il est le seul français à détenir de diplôme. Depuis 2019, il est Maître d’Art en Horlogerie Ancienne.

François Simon-Fustier et Robin Putinier à l'atelier de l'Horlogerie de la Croix-Rousse

Son atelier déménage à Caluire-et-Cuire en région lyonnaise en 2015. C’est là qu’il se spécialise dans la restauration de pendulerie du XVIIe au XIXe siècle et les horloges d’édifices mécaniques. Il travaille pour des particuliers ainsi que pour des musées ou monuments historiques. En 2016, l’atelier est sollicité pour restaurer l’horloge de la façade du château de Vaux-le-Vicomte, mais également pour deux horloges datant de 1730 situées au palais royal de Mafra au Portugal, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Avec fierté, François pérennise cette tradition en la transmettant à Robin Putinier, son apprenti, devenu Maître d’Apprentissage et titulaire d’un BMA. Les gestes techniques et rigoureux lui sont enseignés. En 2019, François et Robin sont nommés par décision ministérielle, le premier binôme Maître d’Art – Élève en horlogerie ancienne. Ensemble, ils œuvrent au « rhabillage des pendules anciennes », c’est-à-dire à restaurer l’objet dans les moindres détails et à remettre le mécanisme dans son état d’origine, en s’appropriant un travail effectué quelques décennies avant eux.

Tout en conservant les pratiques ancestrales, l’atelier s’ouvre sur les nouvelles technologies et notamment la 3D pour la restauration des horloges. Avec le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes, du ministère de la Culture ou encore de la Fondation du Patrimoine, l’Horlogerie de la Croix-Rousse perpétue ce savoir-faire traditionnel

Désireux de perpétuer ce savoir-faire précieux, il oeuvre à sa transmission en travaillant sur une programme en open source, accessible à tous !

 

Retrouvez tous ces artisans d'art et plus de 300 exposants au Salon International du Patrimoine Culturel du 27 au 30 octobre 2022 au Carrousel du Louvre !

 

 

 

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