Festival Un été en Gascogne 2017

Les pionniers du patrimoine

Des commémorations de toutes sortes ont égrené ce premier semestre 2015 et non des moindres avec l’entrée récente de nouvelles figures de la résistance au Panthéon.

Si je salue ces comportements héroïques au cours desquels des hommes et des femmes n’ont pas hésité à défendre la France au péril de leur vie, je voudrais me pencher aussi sur d’autres formes de résistance.

Plus pacifiques et moins périlleuses certes, elles sont cependant essentielles puisqu’elles ont pour objectif de défendre l’héritage culturel et artistique hexagonal : vaste mission !

La palme en la matière revient à Prosper Mérimée. Il appartient à cette famille de pionniers remarquables qui n’ont pas hésité de prendre leur bâton de pèlerin pour sauver le magnifique trésor que composent les monuments français.

Le père de Tamango, Colomba ou Carmen, et de biens d’autres chefs d’œuvre littéraires était aussi un passionné de patrimoine. Inspecteur des Monuments Historiques entre 1834 et 1852, il réussit à établir quasiment seul,  l’inventaire de l’ensemble des merveilles architecturales répertoriées sur le territoire français.

En août 1834 traversant la Bourgogne, il découvre une abbaye de Vézelay en ruine et décrit avec désespoir : « les dégradations épouvantables qu'a subies cette magnifique église. Les murs…déjetés, pourris par l'humidité.». Inlassablement en amoureux des vieilles pierres, il se battra pour la sauvegarde de ces édifices en péril. Plus de mille seront ainsi classés et pour nombre d’entre eux, arrachés à la destruction. Tous ces sites prestigieux dont la présence nous semble évidente aujourd’hui, doivent leur survie ou leur renaissance, c’est selon, à cet homme exceptionnel. Ce fut le cas pour le Mont Saint-Michel, le Pont du Gard, les Arènes d’Arles, les châteaux de Chaumont, de Chambord… La liste serait trop longue à énumérer.

Malgré ce travail admirable, Prosper Mérimée eut également ses détracteurs. Sa proximité avec le fougueux architecte, Viollet-le-Duc souvent prompt à des restaurations iconoclastes, lui fut longtemps reprochée. Pour ma part je retiens de ce précurseur enthousiaste, son implication qui lui valut d’être considéré par nombre de ses pairs comme « l’ange gardien » du patrimoine français.

Les passionnés que nous sommes, ne sont-ils pas, sans le savoir, les héritiers de Mérimée ?

A la semaine prochaine,

 

Patrick de Carolis 

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