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La tradition agricole française : une histoire d'excellence !

Ce samedi 22 février s’ouvre, au Parc des expositions de la Porte de Versailles, le Salon International de l’Agriculture, occasion pour le monde agricole français de présenter l’excellence de ses produits. Pendant 10 jours, éleveurs et producteurs des quatre coins de l’hexagone, et des outre-mer sont à la fête.

Si 2020 marque la 57e édition du Salon International de l’Agriculture, saviez-vous que ses racines remontent au XVIIIe siècle ? Des comices agricoles à la plus grande ferme de France, retour sur l’histoire d’une manifestation hors du commun.

Comices agricoles à Iffendic (Ille-et-Vilaine) au début du XXe siècle
Carte postale conservée au Musée de Bretagne à Rennes

Les comices agricoles

C’est au XVIIIe siècle, en pleine période des Lumières, bercées par la philosophie de Jean-Jacques Rousseau, que les sociétés savantes locales commencent à s’intéresser à l’agriculture. Les premières Société d’Agriculture, des Sciences, des Arts et Belles Lettres sont fondées localement.

Alors que la reine Marie-Antoinette fait construire un hameau pour « jouer à la fermière », le premier Grand Prix d’agriculture est créé, sous le règne de Louis XVI et remis par le roi en personne. C’est également à cette période que se réunissent, autour de Paris, les premiers comices agricoles : réunions d’agriculteurs qui cherchent à améliorer leurs techniques de productions.

Hameau de la Reine dans le parc du château de Versailles

Médaille de Comice agricole 1888 par Oscar Roty

La Révolution porte un coup d’arrêt à ces initiatives puisqu’à partir de 1793 toutes les réunions, considérées comme suspectes, sont interdites. Après un bref regain sous le Directoire, la question des progrès agraires revient au centre des préoccupations pendant la Restauration. Dès 1815, les premiers comices agricoles du XIXe siècle sont organisés à Plesder, en Ille-et-Vilaine.

Quatre ans plus tard, le duc Elie Decazes demande aux préfets de regarder outre-Manche pour s’inspirer des pratiques des gentlemen farmers qui organisent régulièrement des concours dans les chefs-lieux de leurs Comtés.

C’est finalement sous le règne de Louis-Philippe que se met en place une réelle politique pour l’agriculture française avec la création du corps des Inspecteurs Généraux de l’agriculture et l’apparition des fermes modèles

 

Comices agricoles à Grignols (Gironde) au début du XXe siècle

Le règlement qui permet la création des comices agricoles est promulgué en 1833, donnant également naissance aux premiers « concours de charrue ».

Les premiers comices, réunis sous cette forme, se tiennent en 1839 à Clamecy dans la Nièvre. Cette création a permis, notamment, l’éclosion de la race bovine Charolaise telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Ces réunions s’installent rapidement dans les habitudes comme en témoigne la célèbre scène décrite par Gustave Flaubert dans Madame Bovary. Ces fêtes perdurent encore aujourd’hui.

 

Comices agricoles en 2016

Le Concours Général Agricole

L’intérêt provoqué par les comices agricoles pour l’agriculture donne naissance à une nouvelle institution : le Concours Général Agricole.

Le premier concours d’animaux gras est lancé à Poissy, dans les Yvelines, en 1844. La ville abrite alors l’un des deux plus gros marchés approvisionnant Paris. Cette initiative est renouvelée pendant plus de 20 ans, successivement à Poissy, Versailles puis au parc de la Villette à Paris.

Dans le même temps, les expositions universelles portent un coup de projecteur sur l’ensemble des techniques révolutionnaires, développées à cette époque dans tous les domaines dont l’agriculture. En 1855, lors de la première exposition universelle de Paris, Napoléon III fait organiser au Champs-de-Mars le premier Concours universel d’Animaux Reproducteurs. Cette manifestation attire plus de 80 000 visiteurs en une semaine.

Palais de l'Industrie sur les Champs-Élysées

Concours Général Agricole de 1908

Ces initiatives convergentes donnent finalement naissance, en 1870, au Concours Général Agricole qui se tient dans le sublime Palais de l’Industrie, aujourd’hui remplacé par le Petit Palais. Pour la première fois, un événement rassemble, en plein Paris, de nombreux animaux (volailles, bovins…), des produits agricoles variés (produits laitiers, œufs…) et des machines agricoles.

Après la chute du Second Empire, cette manifestation reprend et le concours se diversifie au fil des ans avec l’adjonction de nombreuses catégories, dont les vins, les chiens de bergers ou encore l’horticulture. Cet événement est renommé « semaine de l’agriculture à Paris » au début du XXe siècle.

Interrompue par la Première Guerre mondiale, la semaine agricole reprend en 1923 et se tient à partir de 1925 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, qui vient d’être inauguré.

À nouveau interrompu par la Seconde Guerre mondiale, le Concours Général Agricole reprend en 1951. Il est exceptionnellement, et pour la seule fois de son histoire, délocalisé à Strasbourg en 1958, en même temps que le Salon international de la machine agricole.

Dans les années 1960, le ministre de l’agriculture, Edgard Pisani décide de redynamiser la manifestation en créant le Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA).

Le Salon International de l’Agriculture

Jacques Chirac, président de la République, au Salon de l'Agriculture © Salon International de l'Agriculture

Ce nouvel organisme est à l’origine du tout premier Salon International de l’Agriculture qui se tient en 1964. C’est un grand succès avec plus de 300 000 visiteurs dès la première édition. Au fil des années, ce succès populaire ne se dément pas et le Salon devient un passage obligé pour les personnalités politiques, dont Jacques Chirac reste le plus emblématique.

Le Concours Général Agricole se tient désormais pendant le Salon de l’Agriculture. Il fête en 2020 son 150e anniversaire et compte 4 sections distinctes : les animaux catégorisés en 8 espèces, le concours des pratiques agroécologiques, puis les produits agricoles répartis en 35 familles, dont les vins, classés par grandes régions viticoles, et les jeunes professionnels qui peuvent concourir dans 6 catégories.

  • Idéale, vache charolaise de 6 ans, égérie 2020 du Salon International de l'Agriculture © P. Parchet
  • Imminence, vache Bleue du Nord de 5 ans, égérie 2019 du Salon International de l'Agriculture © P. Parchet
  • Haute, vache Aubrac de 6 ans,  égérie 2018 du Salon International de l'Agriculture © P. Parchet
  • Fine, vache Bretonne Pie-Noire de 6 ans, égérie 2017 du Salon International de l'Agriculture © P. Parchet
  • Cerise, vache Bazadaise de 9 ans, égérie 2016 du Salon International de l'Agriculture © P. Parchet
  • Filouse, vache Rouge Flamande, égérie 2015 du Salon International de l'Agriculture © P. Parchet

Depuis 2011, une vache de race française est élue égérie du Salon International de l’Agriculture et pose fièrement sur tous ses supports de communication. En 2020, Idéale est une Charolaise, née dans une exploitation située sur les Monts du Beaujolais, quelques dizaines de kilomètres de Charolle, berceau de la race charolaise.

Pour aller à la rencontre d’Idéale et de son éleveur Jean-Marie Goujat, mais également découvrir tous les produits lauréats du Concours Général Agricole, rendez-vous au Salon International de l’Agriculture, porte de Versailles à Paris, du 22 février au 1er mars !

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    Patrivia