Pontigny : la plus grande abbaye cistercienne du monde

L’abbaye de Pontigny, près d’Auxerre, est fondée en 1114 par un petit groupe de moines cisterciens venus de l’abbaye de Cîteaux. Située dans l’actuelle Bourgogne dans le département de l’Yonne, Pontigny prospère rapidement. L’ordre cistercien est connu pour son idéal à la fois novateur et austère : les moines vivent dans le silence, le travail et la prière. Respectés, il jouissent d’un grand prestige : plusieurs sont même reconnus pour leurs capacités intellectuelles et diplomatiques.

La petite église bâtie à l’origine ne suffit plus au nombre des moines et n’est pas en accord avec la splendeur du monastère. Thibault le Grand, comte de Champagne, père de la reine Adèle, seconde épouse du roi Louis VII, se charge d’en faire édifier une nouvelle. Un édifice magnifique aux dimensions exceptionnelles : longues perspectives tout en simplicité et en sobriété, jeux d’ombres et de lumière, transept de style roman et premiers éléments gothiques qui préfigurent le siècle des grandes cathédrales. Les descendants du comte de Champagne comblent l’abbaye de leurs bienfaits et accordent aux moines d’innombrables privilèges.

À la fin du XIIème siècle, la communauté de Pontigny compte 44 maisons dont 16 filles, établies en France mais aussi en Italie, en Hongrie et en Roumanie… Elle est réputée pour sa générosité et pour donner asile à tous ceux qui sont persécutés par la foi.

 

 

Thomas Becket représenté sur un vitrail de la cathédrale de Cantorbéry

Forte de cette aura qui traverse les frontières, l’abbaye de Pontigny accueille deux archevêques de Cantorbéry en exil : Thomas Becket en novembre 1164, en conflit avec le roi Henri II au sujet des droits et privilèges de l’Église, puis Étienne Langton entre 1209 et 1213, qui se voit refuser l’accès à son diocèse par le roi Jean sans Terre et sollicite l’hospitalité des moines de Pontigny.

Un troisième archevêque de Cantorbéry est, cette fois-ci, inhumé à l’abbaye : Edmond d’Abingdon. Sur le chemin d’un voyage à Rome en 1240, il décide de faire une halte à l’abbaye. Hélas ! Une maladie se déclare. Edmond décède sur le trajet qui le ramène en Angleterre. Son vœu est d’être inhumé à Pontigny. Canonisé en 1246, il est vénéré sous le nom de Saint Edme et repose toujours dans son précieux tombeau…

À partir du XIVème siècle, l’abbaye est victime de destructions. Elle est occupée et pillée par les troupes d’Édouard II d’Angleterre en 1360 durant la Guerre de Cent Ans, puis est saccagée par les troupes protestantes en 1568 durant la Troisième guerre de Religion.

La reconstruction de l’abbaye est amorcée au XVIIIème siècle. Plusieurs bâtiments anciens jugés trop délabrés sont détruits et l’église abbatiale est entièrement réaménagée : des éléments baroques sont ajoutés comme de splendides stalles sculptées. La Révolution met fin à la présence des moines à Pontigny, comme dans la majorité des édifices religieux français, et l’église devient paroissiale en 1803. Elle est classée Monument Historique dès 1840 par Prosper Mérimée.

Durant la Family Week qui se déroulera les 6 et 7 avril 2019, plusieurs balades et visites commentées de l’abbaye de Pontigny seront proposées. Une occasion unique de découvrir l’histoire si riche de ce monument exceptionnel. La Family Week se tiendra à moins de 2 km, dans la Grange de Beauvais, ancienne ferme cistercienne rattachée à l’abbaye et restaurée par une association dynamique qui a permis la réouverture du sentier menant de l’une à l’autre.

Ce nouvel évènement organisé par Yonne Tourisme proposera plus de 40 activités et ateliers à réaliser en famille (poterie, moulage, créations culinaires, jeux d’époques, balades animées, etc.) en présence de producteurs et de spécialistes bourguignons. Un rendez-vous à ne pas manquer !

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